Un collectif de six riverains vient de saisir le tribunal administratif de Nantes pour faire annuler le permis délivré en décembre 2023 par la mairie des Sables-d’Olonne. Leur cible ? Un projet de vingt-huit logements signé Bouygues Immobilier, implanté entre le chemin de l’ancien stade et la rue des Abricotiers, à deux pas d’une réserve naturelle protégée. Le maire a autorisé quatorze « logements collectifs », dont onze sociaux, sans déclencher de consultation des services archéologiques, arguant que la surface du terrain reste sous le seuil réglementaire de 10 000 m². Mais les plaignants estiment que cette « zone de présomption archéologique » méritait bien une étude plus poussée avant tout terrassement. Ils dénoncent aussi l’absence d’évaluation environnementale, alors qu’une centaine d’arbres est promise à l’abattage.
Archéologie et arbres sacrifiés : la bataille juridique
Au cours de l’audience, la rapporteure publique a rappelé que l’architecte des Bâtiments de France avait rendu un avis favorable, assorti de prescriptions que Bouygues s’est engagé à suivre. Elle a souligné que la parcelle jouxte une zone périurbaine récente et que la distance — 400 m — sépare le chantier de la réserve Natura 2000. Mais pour les voisins, la disparition des haies et l’abattage massif d’arbres menacent la faune locale : « Les oiseaux ne vérifient pas qu’ils sont à 400 m », proteste leur avocat.
Voirie et vis-à-vis au cœur du débat
Au-delà de l’environnement, c’est le trafic routier qui fait bondir : 59 véhicules supplémentaires emprunteront deux voies étroites, dont la rue du 8-Mai-1945, artère déjà saturée en été. Les requérants pointent enfin une incohérence avec le Projet d’aménagement et de développement durable, qui prône la préservation des vues sur les marais. Le tribunal rendra sa décision dans quatre semaines. D’ici là, les habitants guetteront une annulation du permis qui éloignerait un peu plus ces trente logements d’une nature qu’ils refusent de laisser bétonner.