Transports : les trains de nuit dopés par la crise du quotidien
Transports : les trains de nuit dopés par la crise du quotidien

Après des années de déclin, les trains de nuit enregistrent un rebond spectaculaire : leur fréquentation a bondi de 420 000 passagers en 2019 à plus d’un million en 2024, soit un doublement en cinq ans. Interrogés à bord, les voyageurs vantent avant tout l’économie réalisée. Pour une famille de quatre personnes, un trajet de nuit coûte en moyenne 120 €, contre près de 300 € en journée, une différence qui pèse lourd dans le budget vacances. À cela s’ajoutent le confort des wagons-couchettes, qui permettent de passer la nuit assis ou allongé, et l’agrément de gagner une journée entière en évitant un déplacement diurne épuisant.

Une offre trop limitée face à la demande

La France ne dispose pourtant que de 120 wagons-couchettes et exploite dix lignes nocturnes, toutes en liaison avec Paris. « Si l’on disposait de davantage de rames, nous pourrions accueillir des millions de voyageurs supplémentaires », pointe Alexis Chailloux de Réseau Action Climat. Les associations de défense de l’environnement et les opérateurs réclament l’ouverture de nouvelles liaisons, notamment vers le sud-ouest et la côte atlantique, où la demande explose.

Relance et enjeux écologiques

Ce renouveau du train de nuit intervient dans un contexte de montée des prix du carburant et de prise de conscience écologique : passer la nuit sur rails permet de remplacer un vol intérieur ou un long trajet en voiture, réduisant ainsi l’empreinte carbone du voyage. SNCF Voyageurs a d’ores et déjà annoncé des études pour renforcer son parc de voitures-couchettes et élargir son réseau, mais le déploiement dépendra largement des investissements publics et de la renégociation de l’accès aux sillons de nuit sur l’infrastructure ferroviaire. Face à un véritable engouement, la question n’est plus de savoir si les trains de nuit ont encore un avenir, mais de déterminer dans quelle mesure la France saura répondre à l’essor de ces liaisons : modernisation des rames, création de nouvelles lignes et harmonisation des horaires devront être au cœur du prochain « plan mobilité ».

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