La tempête Goretti avait frappé une large partie du territoire dans la nuit du 8 au 9 janvier, provoquant des rafales d’une intensité exceptionnelle et des perturbations majeures. Après plusieurs heures sous alerte maximale, le département de la Manche avait finalement vu la vigilance rouge rétrogradée au niveau orange. Cet épisode météorologique violent avait laissé derrière lui des dizaines de milliers d’interventions, d’importantes coupures de courant et un dispositif de secours fortement mobilisé. Les services de Météo-France avaient indiqué au petit matin que le cœur de l’événement était passé, notamment en Bretagne et dans la Manche, seule zone placée en vigilance rouge au plus fort de la tempête. Comme anticipé, cette alerte avait été abaissée à 3 heures du matin, tandis que 21 départements restaient néanmoins soumis à une vigilance orange pour les vents violents.
Des rafales hors normes et un réseau électrique durement touché
Au cours de la nuit, une rafale avait atteint 213 km/h à Barfleur, sur la côte nord-est de la Manche, un seuil rarement observé en France. D’autres pointes remarquables avaient été enregistrées, avec 148 km/h à Cherbourg et 147 km/h à Caen. Un tel niveau de violence rappelait les épisodes majeurs des dernières années, notamment la tempête Ciaran en 2023, qui avait déjà marqué les esprits par des vents proches des 200 km/h. Malgré l’intensité du phénomène, aucun bilan humain grave n’avait été signalé dans les zones touchées. En revanche, les conséquences matérielles avaient été considérables. Selon Enedis, environ 380 000 foyers se retrouvaient privés d’électricité vendredi matin à l’échelle nationale. Des renforts avaient été déployés et un dispositif de crise activé afin d’accélérer le rétablissement du courant dans les secteurs les plus affectés. Du Finistère à la Seine-Maritime, les sapeurs-pompiers avaient enchaîné les interventions, principalement pour des chutes d’arbres, des toitures endommagées et des câbles électriques arrachés. En Normandie, près d’un millier de pompiers avaient été mobilisés face à un événement jugé d’une ampleur inhabituelle par les autorités locales.
Des restrictions maintenues et une vigilance encore élevée
Des rafales comprises entre 110 et 120 km/h, voire 130 km/h localement sur le littoral aquitain, étaient encore attendues au passage des averses. Par mesure de précaution, les établissements scolaires étaient restés fermés dans la Manche et en Seine-Maritime. Les autorités avaient appelé les habitants à limiter leurs déplacements, à rester à l’abri et à prévoir des solutions d’éclairage de secours ainsi que des réserves d’eau potable. Plusieurs infrastructures majeures, dont de grands viaducs et ponts stratégiques, avaient été fermées préventivement, tandis que la circulation ferroviaire avait été suspendue en Normandie et perturbée dans plusieurs régions voisines. En mer, la prudence avait également été de mise. Les préfectures maritimes avaient déconseillé toute sortie en raison de vagues dépassant localement les dix mètres. Certaines liaisons maritimes, notamment vers la Corse, avaient été annulées ou reportées, et des sites touristiques emblématiques comme le Mont-Saint-Michel avaient fermé temporairement leurs portes.