Fini le ballet des voitures tournant en rond à l’entrée des plages girondines. Pour anticiper la saturation des parkings et mieux réguler l’affluence, cinq communes du littoral ont opté pour la technologie. Lège-Cap Ferret, Le Porge, Lacanau, Carcans et La Teste-de-Buch misent désormais sur un réseau de capteurs connectés, capables d’indiquer en temps réel le taux d’occupation des aires de stationnement. Un outil préventif, né d’un partenariat public baptisé « Mes Plages Océanes », qui s’étend chaque été un peu plus. Installés discrètement sur des candélabres ou des arbres, ces capteurs analysent l’occupation des parkings proches des plages les plus fréquentées du littoral. L’objectif : éviter que les lieux ne soient engorgés dès la mi-journée et permettre aux visiteurs de se diriger vers des zones moins bondées. Aucun enregistrement, aucune conservation d’images, assure le GIP Littoral, à l’origine du projet. Les données sont immédiatement détruites après analyse, le système se contentant d’évaluer le taux de remplissage.
Des plages, des capteurs et des stories
Ce dispositif, mis en place depuis 2022, revient cette année encore pour les mois de juillet, août et septembre. Il sera même probablement étendu à mai dès 2026, en raison des vagues de chaleur de plus en plus précoces. En ligne de mire : les parkings du Grand-Crohot à Lège, du Gressier au Porge, du Petit Nice, de la Salie Nord et de la Lagune à La Teste, sans oublier l’entrée de Carcans. Autant de points sensibles où l’arrivée massive de véhicules pose, chaque été, les mêmes problèmes d’engorgement et de stress pour les estivants. Le taux d’occupation de ces zones est consultable via une carte interactive, accessible sur les réseaux sociaux de « Mes Plages Océanes ». Stories, posts, rappels réguliers : l’interface vise à informer en temps réel, tout en diffusant des conseils de sécurité, des alertes sur les baïnes ou des messages de sensibilisation à la préservation des dunes et de la faune locale. En filigrane, une volonté assumée de mieux gérer la pression touristique sur un littoral aussi fragile que convoité. Ce virage numérique, soutenu par les Parcs naturels régionaux et les offices de tourisme, ne règle pas tous les problèmes mais amorce un changement de culture : celui d’une fréquentation plus fluide, plus responsable, moins agressive pour l’environnement et les habitants. En Gironde, la plage connectée a trouvé son prototype.