Façades lézardées, cloisons disloquées, terrasses qui se décollent… Le phénomène de retrait-gonflement des argiles (RGA), amplifié par le changement climatique, menace des millions de maisons en France. Pour y répondre, le gouvernement a annoncé dimanche 7 septembre une nouvelle aide financière expérimentale, destinée à 11 départements pilotes.
Un dispositif tourné vers la prévention
Contrairement au régime des catastrophes naturelles, qui indemnise après les dégâts, ce nouveau mécanisme s’attaque en amont aux fragilités des habitations. Dès octobre, les propriétaires occupants de maisons situées en zones fortement exposées et respectant certains plafonds de ressources pourront déposer une demande sur la plateforme Démarches simplifiées. L’État financera jusqu’à 90 % du coût d’un diagnostic de vulnérabilité, dans la limite de 2 000 euros, et pourra aussi prendre en charge jusqu’à 90 % de l’accompagnement technique, avec un plafond identique. Pour les travaux préventifs, la participation atteindra 80 % au maximum, dans la limite de 15 000 euros.
Onze départements en première ligne
Cette phase d’expérimentation concernera l’Allier, les Alpes-de-Haute-Provence, la Dordogne, le Gers, l’Indre, le Lot-et-Garonne, la Meurthe-et-Moselle, le Nord, le Puy-de-Dôme, le Tarn et le Tarn-et-Garonne. Ces zones comptent parmi les plus vulnérables à ce phénomène naturel qui touche désormais près de la moitié du territoire national, contre seulement un quart au début des années 2010. Le Bureau de recherches géologiques et minières estime qu’environ dix millions de maisons individuelles sont aujourd’hui exposées. Avec la multiplication des épisodes de sécheresse suivis de réhydratations brutales, le RGA progresse bien au-delà du « croissant argileux » historique reliant l’Île-de-France à la Provence. Le Grand Est, la Bourgogne-Franche-Comté ou encore l’Auvergne-Rhône-Alpes figurent désormais aussi parmi les régions concernées. Cette nouvelle aide vient compléter les mesures déjà imposées depuis 2018, comme les diagnostics de sol avant toute vente de terrain constructible et les études géotechniques obligatoires avant construction. Pour le ministère de l’Écologie, il s’agit de freiner l’un des fléaux les plus coûteux du régime d’indemnisation des catastrophes naturelles.