Le pétrole d’Arcachon restera sous terre : l’État met fin à l’exploration
Le pétrole d’Arcachon restera sous terre : l’État met fin à l’exploration

C’est un « non » définitif pour les nouveaux forages pétroliers autour du bassin d’Arcachon. Après des années d’atermoiements et un lobbying musclé de la société Vermilion Energy, l’État a finalement tranché : pas de nouveaux puits. Une décision annoncée par la préfecture de la Gironde ce 22 mai, mettant un terme à un projet d’exploration qui aurait porté sur huit forages supplémentaires à Cazaux. La raison ? La lutte contre le réchauffement climatique, tout simplement. « Ce projet vient à l’encontre de l’urgence climatique et des engagements de la France dans le cadre de l’accord de Paris », rappelle le communiqué préfectoral. Et tant pis pour la promesse de « circuit court pétrolier » défendue par Vermilion, une entreprise canadienne bien décidée à faire rimer hydrocarbures avec proximité et souveraineté énergétique.

Un projet indéfendable en France

Installée depuis 2008 autour du bassin d’Arcachon, Vermilion tire aujourd’hui près de 1 500 barils par jour de ses puits girondins. Elle espérait prolonger l’histoire en atteignant de nouvelles poches souterraines. En 2023, la commissaire enquêtrice avait d’ailleurs rendu un avis favorable au projet, arguant que produire en France évitait les coûts carbone du transport international. Mais entre la colère des associations environnementales, les leçons des incendies géants de 2022 et la dissonance criante avec les engagements climatiques, le projet est devenu impossible à défendre politiquement. Ce n’est pas seulement un dossier technique : c’est un signal. Quand certains pays, États-Unis en tête, remettent les gaz sur les fossiles, la France tente de colmater ses contradictions écologiques. La décision, déjà entérinée par la préfecture, passera devant le Coderst le 4 juin, avant l’arrêté officiel. Les puits existants continueront de cracher jusqu’au 1er janvier 2035. Après cette date, le pétrole girondin restera dans le sol. Ce ne sera pas la fin du monde. Peut-être même son début – d’un autre genre.

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