Le pape Léon XIV a inauguré vendredi un ambitieux projet de ferme durable et d’éducation environnementale sur le domaine de Castel Gandolfo, résidence d’été des papes. Ce centre, baptisé Borgo Laudato Si, entend mettre en pratique l’enseignement de son prédécesseur François sur la protection de la planète, formulé dans son encyclique de 2015.
S’étendant sur 22 hectares, le site combine agriculture biologique, formation professionnelle et sensibilisation spirituelle. Le pape, arrivé en hélicoptère, a parcouru les jardins en voiturette électrique avant de nourrir les poissons d’un bassin, caresser des chevaux et visiter les vignes biologiques du domaine. Après une liturgie de bénédiction, il a rappelé que « le privilège de l’humanité, créée à l’image de Dieu, s’accompagne d’une grande responsabilité : celle de prendre soin de toutes les autres créatures ».
Au cœur du projet se trouve une vaste serre inspirée de la colonnade de la place Saint-Pierre, jouxtant un centre éducatif de dix salles et un réfectoire. Les infrastructures sont alimentées exclusivement par l’énergie solaire, les plastiques y sont bannis et un système de recyclage et de compostage vise le zéro déchet. L’eau est gérée grâce à des techniques d’irrigation intelligente pilotées par intelligence artificielle, associées à la récupération des eaux de pluie et au traitement des eaux usées.
Le volet social est également central. Une école professionnelle, la première du Vatican, proposera des formations en jardinage durable, viticulture biologique et récolte des olives. Les bénéficiaires ciblés incluent des victimes de violences domestiques, des réfugiés, des anciens toxicomanes et des détenus réinsérés. Les produits issus de la ferme – vin Laudato Si, huile d’olive, tisanes ou fromages – seront vendus sur place et les bénéfices réinvestis dans le centre.
Si les élèves et étudiants constituent le public prioritaire, les organisateurs souhaitent aussi accueillir des dirigeants d’entreprise pour des séminaires de sensibilisation à la croissance durable. Le Vatican garde confidentielles les modalités de financement, indiquant seulement que plusieurs partenaires ont investi dans ce projet présenté comme un modèle de responsabilité écologique, éducative et spirituelle.