Ils vont détruire les paysages de Cézanne” : un projet immobilier suscite la colère à Aix-en-Provence
Ils vont détruire les paysages de Cézanne” : un projet immobilier suscite la colère à Aix-en-Provence

Face à la montagne Sainte-Victoire, lieu emblématique immortalisé par Cézanne dans plus de cinquante tableaux, un projet d’urbanisation massif inquiète défenseurs du patrimoine, architectes et écologistes. La ville d’Aix-en-Provence prévoit d’y construire un écoquartier de 40 hectares. Mais à quel prix pour le paysage et la mémoire du peintre ?

Un quartier sur les traces de Cézanne

Sur le plateau de Valcros, au lieu-dit La Constance, un projet d’aménagement prévoit la construction de 3 600 logements, 6 000 m² de commerces et 70 000 m² de bureaux d’ici à 2040. Le site, coincé entre les autoroutes A51 et A8, se situe à une trentaine de minutes à pied du centre-ville. Selon les promoteurs, cette opération répond au besoin criant de logements dans la région.

Mais ce lieu n’est pas n’importe lequel : c’est depuis ce plateau que Paul Cézanne, figure majeure de l’impressionnisme, a peint 52 œuvres de la montagne Sainte-Victoire. « C’est un sanctuaire. Ce que Cézanne voyait, on ne le verra plus », alerte Didier Bonfort, de l’association “Sauvegarde des paysages de Cézanne”, sur ici Provence. Il dénonce un projet qui viendrait recouvrir de béton des terres agricoles, et effacerait à jamais les premiers plans visibles dans les toiles du maître aixois.

La préfecture des Bouches-du-Rhône a pourtant donné son feu vert, après un avis favorable du commissaire enquêteur. Selon les autorités, les études menées garantissent la préservation des perspectives artistiques. Une promesse qui ne convainc pas les opposants, pour qui le projet est incompatible avec les engagements climatiques de la loi “Climat et Résilience”, laquelle favorise la densification urbaine plutôt que l’artificialisation des sols.

Un combat entre patrimoine, écologie et urbanisme

Outre l’aspect culturel, les associations environnementales tirent la sonnette d’alarme. La parcelle concernée abrite une zone humide et une biodiversité remarquable, dont une cinquantaine d’espèces protégées. Le collectif “Devenir” fustige une opération « dépassée, comme on n’en fait plus », et dénonce une artificialisation contraire aux enjeux écologiques actuels. Stéphane Salord, co-président de “Arc fleuve vivant”, pointe un autre risque : « bloquer l’écoulement des eaux naturelles sur ce site pourrait avoir des conséquences sérieuses ».

De son côté, la mairie d’Aix-en-Provence défend son projet. Elle affirme avoir consulté l’historien d’art Denis Coutagne, spécialiste de Cézanne, dont les recommandations auraient été suivies pour préserver les points de vue peints par l’artiste. « Le projet cherche même à valoriser ces sites aujourd’hui inaccessibles », affirme Isabelle Loriant-Guyot, porte-parole de la municipalité, dans un entretien accordé à l’AFP.

Mais les opposants ne désarment pas. Une pétition intitulée « Sauvons les paysages de Cézanne » a déjà recueilli plusieurs milliers de signatures. Ils demandent le classement du site au patrimoine mondial de l’UNESCO. En parallèle, des visites guidées sont organisées pour sensibiliser le public à l’importance de ce patrimoine visuel. Pour Didier Bonfort, il y a

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