Grèce : des pompiers volontaires en première ligne face à des incendies de plus en plus violents
Grèce : des pompiers volontaires en première ligne face à des incendies de plus en plus violents

ATHÈNES – En Grèce, des milliers de pompiers volontaires comme Dimitris Marinelis, entrepreneur de 54 ans, se préparent à affronter une nouvelle saison estivale sous haute tension. L’été 2023 a laissé des traces, marqué par l’un des plus grands incendies de forêt jamais enregistrés en Europe, dans le nord du pays. Marinelis y a passé des jours à lutter contre les flammes, sans rémunération, aux côtés d’une équipe de bénévoles déterminés à protéger forêts et habitations.

Avec un climat de plus en plus chaud et sec en raison du réchauffement climatique, la Grèce devient chaque année plus vulnérable aux feux de forêt. Face à cette menace, le gouvernement prévoit de mobiliser un nombre record de 18 000 pompiers professionnels cet été, épaulés par quelque 10 000 volontaires. L’armée a également débloqué deux milliards d’euros pour moderniser sa flotte aérienne et doubler le nombre de drones de surveillance thermique.

Marinelis, basé à Ekali, une banlieue boisée au nord d’Athènes, explique qu’il interrompt son activité dès qu’une alerte tombe. « Quand le téléphone sonne, vous cessez de penser à vous-même et vous commencez à penser aux autres », confie-t-il. À ses côtés, sa femme Mariana Pilou, architecte de 53 ans, s’engage aussi sur le terrain. Elle se souvient d’une intervention récente : « J’ai pensé à mes enfants et je me suis dit : ne joue pas les héros. »

L’équipe de bénévoles d’Ekali, dirigée par George Dertilis, fonctionne grâce à la solidarité. Avec un matériel vétuste, des camions vieux de près de 40 ans et des uniformes donnés par des collègues européens, ils font face à des défis logistiques constants. En 2021, juste avant un incendie majeur, ils n’avaient même pas les moyens d’assurer leurs véhicules, et ont perdu la plupart de leurs tuyaux dans les flammes.

Malgré les difficultés, les liens tissés entre ces bénévoles sont forts, presque familiaux. « Malheureusement, nous attendons le pire et espérons le meilleur », résume Marinelis. Dans un pays où les pompiers sont devenus des figures héroïques, les volontaires apparaissent comme l’ultime rempart d’une population souvent seule face aux catastrophes climatiques à répétition.

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