Peu visible du grand public, elle est pourtant en première ligne. Dans les Côtes-d’Armor, seize agents de l’Office français de la biodiversité (OFB) sillonnent 700 000 hectares de terres et 300 000 hectares marins pour protéger les milieux naturels. Leur mission ne se limite pas à sanctionner : elle mêle enquêtes, expertise technique et pédagogie.
Surveiller, sanctionner, accompagner
La plupart des interventions commencent par un signalement : un appel, un mail, parfois une alerte transmise par la gendarmerie. Les inspecteurs peuvent aussi constater directement des infractions en patrouille. Les dossiers les plus fréquents concernent la pollution des eaux superficielles, les atteintes aux zones humides (remblais ou travaux non autorisés), l’usage de produits phytosanitaires, la pêche et la chasse. Mais à la casquette policière s’ajoute un rôle de technicien. Les agents participent à des schémas d’aménagement de l’eau, rendent des avis sur des projets d’infrastructures comme la RN 164 et accompagnent les collectivités ou associations locales. Ils doivent parfois jongler entre sanction et conseil, une forme de double identité assumée.
L’eau au centre de toutes les tensions
Dans un département largement agricole (60 % du territoire), la gestion de l’eau reste la question la plus sensible. Avec le dérèglement climatique, les agents constatent que la ressource ne s’infiltre plus aussi bien dans les sols malgré des volumes annuels comparables. L’OFB veille au respect des arrêtés sécheresse, suit les rejets agricoles ou industriels et multiplie les études de terrain sur les zones humides, les haies ou le bocage. Cette « police de l’environnement » s’investit aussi dans la pédagogie : sensibilisation des jeunes, formation des élus et diffusion de gestes simples comme réduire les arrosages, éviter les bains ou préserver la végétation. À l’heure où l’eau devient un enjeu vital, leur rôle dépasse la répression : ils tentent de préserver, sur le terrain, la possibilité d’un avenir vivable dans un territoire sous pression.