Chalutage de fond : Bloom engage une bataille juridique contre l’État
Chalutage de fond : Bloom engage une bataille juridique contre l’État

La trêve entre défenseurs de l’environnement et autorités françaises est bel et bien rompue. Ce mercredi 9 juillet, l’association Bloom a engagé une procédure judiciaire contre l’État afin de faire interdire le chalutage de fond dans les eaux métropolitaines. Ce type de pêche, pourtant encore légal, est jugé écologiquement dévastateur, même lorsqu’il est pratiqué dans des aires maritimes dédiées. L’ONG, connue pour ses actions offensives contre les pratiques industrielles menaçant la biodiversité marine, accuse l’État de manquement à ses obligations de protection du milieu marin.

Une pratique tolérée, une écologie malmenée, un contentieux en marche

Premier jalon de cette offensive : un recours gracieux adressé au ministère de la Transition écologique. L’association y exige l’adoption immédiate de mesures pour faire cesser le « préjudice écologique significatif » imputable au chalutage de fond, qu’elle estime incompatible avec les cadres juridiques européens et français censés garantir la préservation des écosystèmes marins. En cas d’inaction, Bloom prévoit de saisir le tribunal administratif pour contraindre l’État à agir. Cette action survient dans un climat de frustration grandissante chez les défenseurs de l’environnement, qui dénoncent l’inaction des pouvoirs publics face à une pratique qu’ils considèrent comme archaïque et destructrice. Malgré sa nocivité largement documentée, le chalutage de fond reste autorisé y compris dans la grande majorité des zones officiellement « protégées ». Pour Bloom, cette contradiction affaiblit la crédibilité des engagements de la France sur la scène internationale.

Le gouvernement a récemment promis un encadrement plus strict

L’Etat souhaite une restriction de cette technique sur 4 % des eaux françaises d’ici fin 2026 mais les ONG estiment ce chiffre dérisoire. Bloom réclame une véritable transition vers une pêche durable. Son directeur juridique, Aymeric Thillaye du Boullay, affirme comprendre la dépendance économique des chalutiers de fond, mais plaide pour un changement d’approche radical. L’objectif : sortir du modèle extractiviste au profit d’une exploitation plus respectueuse de l’environnement marin. À la veille du sommet des Nations unies sur les océans, organisé à Nice, ce recours judiciaire met une nouvelle fois le gouvernement sous pression. L’État est désormais sommé de choisir entre préserver un modèle économique de plus en plus contesté et répondre aux exigences d’une société civile mobilisée pour la survie des écosystèmes. La justice, elle, tranchera.

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