À Vienne, le musée Heidi Horten repeint sa cour pour lutter contre la chaleur
À Vienne, le musée Heidi Horten repeint sa cour pour lutter contre la chaleur

Face aux vagues de chaleur qui frappent l’Europe, un musée de Vienne a eu recours à une solution artistique aussi efficace que symbolique : repeindre l’asphalte de sa cour pour lutter contre la surchauffe urbaine. L’initiative portée par le collectif Holla Hoop, mené par l’artiste Jonas Griessler, mêle art, science et engagement climatique.

Réduire la chaleur avec des couleurs

À deux pas de l’Opéra de Vienne, la cour du musée Heidi Horten s’est transformée en fresque géante. Jaune, bleu, rose, orange : un patchwork de formes géométriques a remplacé l’asphalte sombre qui recouvrait autrefois le sol. Résultat mesuré au thermomètre infrarouge : la température a chuté de 31 à 20 °C. Un gain thermique permis par l’effet albédo, ce phénomène selon lequel les surfaces claires réfléchissent mieux les rayons solaires, contrairement aux matériaux sombres qui les absorbent.

Le musée a commandé cette intervention après avoir repéré des réalisations similaires du collectif sur des terrains de basket viennois. « Nous voulions améliorer la qualité de séjour des visiteurs tout en sensibilisant à la question climatique », a expliqué à l’AFP la conservatrice Véronique Abpurg. Une opération utile aussi pour les bâtiments environnants, puisque la baisse de température au sol limite le recours à la climatisation, comme l’a rappelé le professeur Hans-Peter Hutter, expert en santé environnementale à l’université de médecine de Vienne.

Un message visuel fort sur les émissions de CO₂

Mais cette fresque n’a pas qu’un effet physique. Elle porte aussi un message fort sur l’inaction climatique. Chaque zone colorée représente une année, parsemée de petits points : chacun équivaut à un milliard de tonnes de CO₂ émis. L’œuvre donne ainsi à voir l’explosion des émissions mondiales : trois fois plus de points en 2000 qu’en 1960, et encore davantage en 2024. Un moyen simple mais percutant de rendre visible une réalité souvent abstraite.

Selon Jonas Griessler, les couleurs vives de la fresque ne sont pas là pour enjoliver la situation : elles traduisent « la légèreté et l’inconsistance avec laquelle notre société traite ce sujet ». Pour lui comme pour les autres membres du collectif Holla Hoop, ce projet est une « pièce de la mosaïque » des solutions d’adaptation à inventer face à la crise climatique. Il prouve qu’un geste artistique peut transformer un espace urbain tout en faisant passer un message.

Partager