Terres rares : le G7 s’organise pour desserrer l’emprise chinoise sur des minerais stratégiques
Terres rares : le G7 s’organise pour desserrer l’emprise chinoise sur des minerais stratégiques

Les ministres des Finances du G7 et de plusieurs grandes économies alliées se sont réunis lundi à Washington pour examiner des moyens concrets de réduire leur dépendance aux terres rares et aux minéraux critiques fournis par la Chine. La rencontre, convoquée par le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent, a rassemblé les pays du G7 ainsi que l’Australie, le Mexique, la Corée du Sud et l’Inde, dans un contexte de tensions croissantes autour des chaînes d’approvisionnement stratégiques.

Selon plusieurs responsables présents, un « large consensus » s’est dégagé sur la nécessité d’agir rapidement pour diversifier les sources d’approvisionnement. Les discussions ont notamment porté sur l’instauration éventuelle d’un prix plancher pour les terres rares et sur la création de nouveaux partenariats afin de développer des alternatives à l’offre chinoise. Aucune déclaration commune n’a toutefois été publiée à l’issue de la réunion.

Dans un communiqué, le Trésor américain a indiqué que Scott Bessent souhaitait explorer des solutions permettant de sécuriser et de diversifier les chaînes d’approvisionnement en minéraux critiques, tout en privilégiant une stratégie de « réduction prudente des risques » plutôt qu’un découplage total avec la Chine. Washington s’inquiète en particulier des contrôles stricts imposés par Pékin sur les exportations de terres rares, récemment étendus à certains flux à destination du Japon.

La ministre japonaise des Finances, Satsuki Katayama, a affirmé qu’il existait un accord général sur la nécessité de réduire rapidement la dépendance à l’égard de la Chine. Elle a présenté une feuille de route à court, moyen et long terme, incluant la création de marchés fondés sur des normes sociales et environnementales, ainsi que le recours à divers leviers publics : soutien des institutions financières, incitations fiscales, mesures commerciales et fixation de prix minimums.

Les enjeux sont considérables. Les pays participants, auxquels s’ajoute l’Union européenne, représentent environ 60 % de la demande mondiale en minéraux critiques, mais la Chine domine largement la chaîne d’approvisionnement, raffinant une part majeure du cuivre, du lithium, du cobalt, du graphite et des terres rares. Ces ressources sont essentielles pour les technologies de défense, les semi-conducteurs, les énergies renouvelables et les batteries.

Le ministre allemand des Finances, Lars Klingbeil, a souligné que les discussions n’en étaient qu’à leurs débuts et que de nombreuses questions restaient ouvertes. Il a néanmoins indiqué que les terres rares seraient un thème central sous la présidence française du G7 cette année, tout en mettant en garde contre la formation d’une coalition explicitement anti-chinoise et en appelant l’Europe à accélérer ses propres efforts, notamment en matière de financement et de recyclage.

D’autres participants ont insisté sur l’importance de renforcer les chaînes de valeur mondiales à partir des avantages comparatifs et de la coopération industrielle. La Corée du Sud a notamment mis en avant le potentiel du recyclage pour bâtir des chaînes d’approvisionnement plus résilientes, tandis que le Canada et l’Australie ont appelé à une collaboration technologique accrue pour réduire durablement les dépendances existantes.

Partager