Ce mardi, une enseignante du collège La Guicharde à Sanary-sur-Mer a été grièvement blessée après avoir été poignardée par un élève de 14 ans en plein cours d’arts plastiques. Cette attaque a choqué l’établissement et la communauté éducative.
Selon Raphaël Balland, procureur de la République de Toulon, l’agression ne semble pas liée à des motifs religieux ou politiques, mais plutôt à des tensions préexistantes entre l’élève et la professeure. La victime aurait fait des signalements concernant le comportement du jeune dans le cadre scolaire, ce qui aurait pu alimenter l’animosité de l’adolescent.
L’enseignante, âgée d’une soixantaine d’années, a reçu trois à quatre coups de couteau au torse, et son pronostic vital reste engagé. L’élève a été immédiatement interpellé par les forces de l’ordre et placé en garde à vue pour tentative d’assassinat. Il est suivi par un juge des enfants en assistance éducative.
Les élèves entre peur et confusion
Sur BFMTV, des élèves ont partagé leurs impressions sur le drame et la réaction immédiate dans l’établissement. Maëve Dupont, élève de 5e, a raconté que l’adolescent semblait très affecté après l’agression, se cognant la tête contre le mur des toilettes et pleurant. Elle connaissait le garçon par sa sœur et a décrit une atmosphère de peur et de confusion dans le collège. Les élèves ont été rassemblés dans la cour, ont reçu de l’eau et ont été invités à rester calmes avant d’être évacués par niveau scolaire dans l’après-midi.
Tatiana Kolodziej, professeur d’EPS au collège, a décrit l’adolescent comme perturbateur et pénible, mais jamais violent. Elle a confié : « Je n’aurais jamais pu parier sur un acte pareil, on est stupéfait, on ne s’attendait pas à ça », soulignant le choc ressenti par l’équipe éducative face à cet événement dramatique.
Des mesures d’urgence et un soutien psychologique
Simon Babre, préfet du Var, a annoncé que les cours seraient suspendus et qu’un dispositif d’accueil serait organisé pour les élèves au sein du collège. Une cellule psychologique a été mise en place pour soutenir les élèves et le personnel affectés par le traumatisme. Selon le préfet, les enfants ont été confinés, regroupés puis évacués progressivement, afin de sécuriser l’établissement.
Au niveau national, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a annoncé qu’il se rendrait sur place pour rencontrer les enseignants et les élèves. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a exprimé son effroi et rappelé la nécessité de soutenir la communauté éducative. Des responsables politiques, comme Éric Ciotti, ont appelé à une réflexion plus large sur la sécurité dans les établissements scolaires, estimant que l’école doit rester un sanctuaire de la République.
Les autorités poursuivent leur investigation pour déterminer les causes exactes de l’attaque et identifier d’éventuels signaux précurseurs qui auraient pu alerter l’équipe éducative avant le drame.