Le parquet de Paris a ouvert une enquête après la plainte déposée par la Fédération française de football contre la sénatrice paraguayenne Celeste Amarilla, accusée d’avoir publié des propos racistes visant Kylian Mbappé après France-Paraguay, en huitième de finale de la Coupe du monde 2026.
L’enquête porte sur des faits d’injure publique aggravée et de provocation publique à la haine ou à la violence aggravée. Le parquet retient le caractère aggravé parce que les propos auraient été tenus en raison de l’origine, de l’ethnie, de la nation, de la race ou de la religion, réelle ou supposée, de la victime. Ces délits peuvent être punis d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende.
Des propos publiés après France-Paraguay
Les faits reprochés remontent au 5 juillet, après la victoire de la France contre le Paraguay. Les Bleus se sont imposés 1-0, sur un penalty de Kylian Mbappé, au terme d’un match tendu qui a éliminé le Paraguay du Mondial. Dans ses messages publiés sur X, Celeste Amarilla a visé directement le capitaine de l’équipe de France. Ses propos attaquaient ses origines, son apparence, son éducation et sa légitimité française. La sénatrice a ensuite supprimé les publications mises en cause.
La FFF saisit la justice
La Fédération française de football a dénoncé des propos « totalement abjects et inacceptables ». Dans son communiqué, elle estime que les déclarations de Celeste Amarilla sont « délictueuses et condamnables » et annonce un signalement au parquet à des fins de poursuite judiciaire. La FFF apporte aussi son soutien à Kylian Mbappé, aux joueurs de l’équipe de France et à l’ensemble des victimes de propos racistes. Elle considère que les joueurs des Bleus représentent la France et que ces attaques dépassent le seul cadre sportif.
Mbappé répond publiquement à la sénatrice
Kylian Mbappé a répondu directement à Celeste Amarilla sur X. Le capitaine des Bleus l’a qualifiée de « femme méprisable et indigne de sa fonction ». Il a également dénoncé son « racisme décomplexé » et rappelé que le Paraguay avait réalisé un parcours historique dans cette Coupe du monde avant que la polémique ne prenne toute la place. L’attaquant du Real Madrid a ajouté qu’il ne laisserait pas se propager la haine et le racisme. Sa prise de parole a déclenché une série de soutiens publics, en France comme dans les instances du football.
Le Paraguay se désolidarise de la sénatrice
Le gouvernement paraguayen a condamné les propos de Celeste Amarilla et a pris ses distances avec elle. Les autorités paraguayennes ont indiqué que ses déclarations ne représentaient ni la position officielle du pays, ni celle du peuple paraguayen. De son côté, Celeste Amarilla affirme ne pas avoir été officiellement notifiée d’une procédure en France. Elle conteste la base juridique d’une enquête française et a demandé des excuses à Kylian Mbappé après la réponse publique du capitaine des Bleus.
Une surveillance renforcée pendant la Coupe du monde
Le parquet de Paris a aussi indiqué que l’Office central de lutte contre la haine en ligne a mis en place une veille sur les propos racistes susceptibles d’être publiés pendant la Coupe du monde. L’objectif est de pouvoir ouvrir rapidement des enquêtes lorsque des messages publics franchissent le seuil pénal. L’affaire est désormais entre les mains de la justice française. L’enquête doit déterminer les responsabilités pénales éventuelles de Celeste Amarilla après les messages publiés contre Kylian Mbappé.