À une semaine d’une présidentielle américaine au coude-à-coude, Steve Bannon, ancien conseiller influent de Donald Trump, a été libéré de prison ce mardi 29 octobre. Condamné à quatre mois d’incarcération pour avoir refusé de coopérer à l’enquête parlementaire sur l’assaut du Capitole, l’ex-stratège de la Maison Blanche a rapidement repris sa place dans l’arène politique. Dès sa sortie, Bannon a réactivé son célèbre podcast War Room, exhortant les électeurs républicains à soutenir massivement Trump pour le scrutin du 5 novembre contre la démocrate Kamala Harris.
« Je me sens revigoré », a-t-il déclaré à New York, se présentant comme un « prisonnier politique ». En 2022, Bannon avait été condamné pour son refus de témoigner dans le cadre de l’enquête visant à déterminer les responsabilités de l’attaque du Capitole le 6 janvier 2021. Fidèle à sa ligne populiste, il avait déclaré à l’époque être « fier d’aller en prison ». Aujourd’hui, ses partisans espèrent qu’il pourra galvaniser la base conservatrice pour renforcer la campagne de Trump, dans un contexte électoral tendu où chaque vote compte.
Un soutien de poids pour Trump dans la dernière ligne droite
La réapparition de Steve Bannon ajoute une variable clé dans cette course présidentielle incertaine. Depuis plusieurs mois, Donald Trump axe sa campagne sur des messages antimigrants et des attaques personnelles envers ses adversaires, et Bannon, avec son verbe incendiaire et sa capacité de mobilisation, pourrait intensifier cet élan. Sa sortie de prison a en effet été accueillie par ses partisans comme une occasion de raviver la base électorale.
Cependant, Steve Bannon ne sort pas indemne de cette bataille juridique. Accusé de détournement de fonds pour la construction d’un mur à la frontière avec le Mexique, il sera à nouveau jugé en décembre. Bien qu’il ait été gracié par Trump sur le volet fédéral de cette affaire, il demeure sous le coup de poursuites au niveau de l’État de New York.
Retour sur l’assaut du Capitole et les ambitions de Bannon
Connu pour son influence sur la droite populiste et son discours contre les élites, Steve Bannon avait pronostiqué, à la veille de l’assaut du Capitole, que « tout l’enfer allait se déchaîner ». Cet avertissement a trouvé un écho dramatique lors de l’attaque, qui visait à interrompre la certification de la victoire de Joe Biden à l’élection présidentielle de 2020. Le jour de l’assaut, Bannon avait d’ailleurs été en contact avec Donald Trump.
Pour Bannon, cette sortie de prison ne marque pas la fin des combats. En reprenant War Room, il entend affirmer son soutien inébranlable à Trump et influencer les dernières heures de cette campagne électorale cruciale. Sa réapparition pourrait ainsi renforcer les rangs républicains et contribuer, une fois de plus, à polariser une société américaine déjà en proie à des tensions exacerbées à l’approche du verdict des urnes.