La Hongrie a accordé l’asile politique à Zbigniew Ziobro, ancien ministre polonais de la Justice et figure du parti nationaliste Droit et Justice (PiS), une décision qui accentue la rupture diplomatique et politique entre Budapest et Varsovie.
Architecte des réformes judiciaires menées lorsque le PiS était au pouvoir, Ziobro est visé en Pologne par des poursuites pour abus de pouvoir et détournement de fonds publics. Les autorités polonaises l’accusent notamment d’avoir utilisé des fonds destinés à l’aide aux victimes pour financer l’acquisition du logiciel espion Pegasus, qui aurait servi à surveiller des opposants politiques. L’intéressé rejette ces accusations et affirme être la cible d’une « chasse aux sorcières » politique.
L’asile accordé par la Hongrie intervient dans un contexte de fortes tensions entre les deux pays. Longtemps alliées au sein de l’Union européenne, la Hongrie dirigée par Viktor Orban et la Pologne gouvernée par le PiS ont vu leurs relations se dégrader après la victoire en 2023 d’un exécutif pro-européen à Varsovie, mené par Donald Tusk. Budapest accuse depuis lors le nouveau gouvernement polonais de persécuter ses opposants politiques.
Ziobro a confirmé sur les réseaux sociaux avoir accepté l’asile offert par la Hongrie, invoquant des « répressions politiques » en Pologne, et a précisé avoir également déposé une demande pour son épouse. À Varsovie, cette annonce a provoqué l’indignation : des responsables gouvernementaux ont accusé l’ancien ministre de fuir la justice et dénoncé une atteinte à la coopération européenne.
Le chef de la diplomatie hongroise a confirmé que Budapest avait accepté certaines demandes d’asile en provenance de Pologne, sans citer de noms, affirmant que des citoyens polonais étaient victimes de persécutions politiques. Le gouvernement polonais rejette catégoriquement cette version, assurant que les poursuites engagées respectent l’état de droit et visent des faits de corruption présumés.
Cette affaire ravive les tensions déjà vives entre les deux capitales, après un précédent en 2024 lorsque la Hongrie avait accordé l’asile à un autre ancien responsable polonais du PiS, également poursuivi pour détournement de fonds. Elle met en lumière les divisions persistantes au sein de l’Union européenne autour de l’état de droit, de l’indépendance de la justice et de l’usage politique des procédures judiciaires.