Emmanuel Macron s’est rendu jeudi à Noisy-sur-École, au centre de commandement des opérations contre les feux qui ont ravagé la forêt de Fontainebleau, pour remercier les quelque 1 000 pompiers mobilisés et annoncer une tolérance zéro envers les auteurs d’incendies.
« Je veux que le message soit clair ici, comme partout en France. Il n’y aura aucune tolérance et nous serons intraitables », a déclaré le président de la République, justifiant cette fermeté par le danger pour les vies humaines et l’atteinte au territoire national que représente chaque départ de feu.
Les incendies ont détruit environ 2 000 hectares, soit près de 10 % de la forêt francilienne, au cours des dernières semaines. C’est la première fois qu’un tel dispositif aérien était engagé en Île-de-France : trois Canadairs, un Dash et deux hélicoptères bombardiers d’eau ont été déployés sur place, aux côtés de près de 1 000 sapeurs-pompiers et de plus de 140 militaires.
Sur le plan judiciaire, cinq personnes se trouvaient en garde à vue jeudi 16 juillet. Deux hommes de 19 ans ont reconnu être à l’origine d’incendies distincts et ont été présentés à la justice. Le premier aurait accidentellement provoqué un feu en jetant une cigarette ; le second, jeune sapeur-pompier volontaire, a admis avoir allumé un feu de brindilles à l’aide d’essence et d’un briquet. Macron a insisté sur le suivi des enquêtes « partout où il y a des négligences comme des comportements criminels ».
Pour la reconstruction, la ville de Fontainebleau, l’Office national des forêts et la Fondation du Patrimoine doivent lancer « dans les prochaines heures » un guichet unique destiné à collecter les dons. Le président a également annoncé des plans pour rouvrir les grands axes et les commerces, et pour « replanter et rebâtir » la forêt.
Macron a répondu aux critiques de La France insoumise, qui accusait l’exécutif d’avoir annulé en 2024 la commande de deux Canadairs. « En 2017, on ne produisait plus de Canadair. Il n’y avait pas de polémique à l’époque pour savoir si c’était deux, quatre ou six. On en produisait zéro », a-t-il rappelé, soulignant avoir relancé la production en fédérant six pays européens. La France, la Grèce, l’Italie, la Croatie, l’Espagne et le Portugal ont commandé ensemble 22 bombardiers d’eau au constructeur canadien De Havilland ; deux sont destinés à la France, avec une livraison prévue en 2028. Le pays dispose actuellement de douze Canadairs et de huit Dash, auxquels s’ajoutent des appareils loués en cas de crise, soit « une quarantaine » d’engins au total selon le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez.
Le chef de l’État a salué l’absence de victimes malgré l’ampleur des feux. « Par votre mobilisation ici en Seine-et-Marne, dans la région Île-de-France, on ne déplore pas une victime. Et ça, c’est vraiment un exploit et c’est grâce à vous », a-t-il déclaré, remerciant également les élus et les agriculteurs qui ont soutenu les pompiers. Il a prévenu que la vigilance devait rester entière : « On a déjà battu tous les records et on n’est qu’en mi-juillet. La saison des feux est encore devant nous. »
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