Alors que Miss Universe commence à dévoiler les préparatifs de sa 75e édition à Porto Rico, l’annonce a été immédiatement noyée sous une avalanche de commentaires sur les réseaux sociaux. Le public réclame en effet des notes publiques, de véritables juges et un contrôle indépendant du vote. Cette défiance est alimentée par les scandales de l’élection précédente, par l’enquête visant le copropriétaire Raúl Rocha Cantú et par les accusations particulièrement graves lancées par la DEA contre les liens entre le pouvoir mexicain et les cartels.
Miss Universe fait comme si de rien n’était, les internautes réclament des comptes
Ronald Day, directeur général de Miss Universe, a publié des images montrant l’organisation de la prochaine édition du concours. Autour des écrans et des documents de travail, producteurs, réalisateurs, techniciens, scénographes, chorégraphes et responsables des costumes préparent le spectacle attendu en novembre à Porto Rico. Le dirigeant se félicite de voir les différents éléments de la soirée prendre forme et promet une cérémonie spectaculaire pour célébrer le 75e anniversaire de Miss Universe. La date officielle de la finale doit être annoncée prochainement.
Mais les commentaires publiés sous cette communication ne portent presque pas sur la scène, les artistes ou les costumes. Une grande partie du public réclame immédiatement des garanties sur la sélection de la future gagnante. « L’équité et la transparence, voilà ce que nous voulons. Ne reproduisez pas le scandale de l’année dernière. Couronnez une candidate digne », écrit une internaute.
Une autre demande ouvertement la publication des résultats : « Nous voulons de la transparence. Nous voulons les notes. Nous voulons que les juges choisissent la gagnante. Plus de fraude. »
Des experts-comptables réclamés pour surveiller l’élection
De nombreux internautes demandent de leur côté si des professionnels indépendants seront chargés de contrôler le scrutin et de certifier les résultats. « Je ne suis pas aussi préoccupée par la production que par le manque de transparence et d’équité lors de la prochaine édition. Y aura-t-il des experts-comptables certifiés pour surveiller le processus de sélection ? », interroge un compte spécialisé dans les concours de beauté.
Les questions concernent également le rôle réel des juges. Une internaute veut savoir si le jury réuni pendant la finale aura véritablement le dernier mot ou si la gagnante sera choisie en fonction d’évaluations réalisées en amont. « En plus d’un beau spectacle, ce que nous voulons, c’est de la transparence. Comment les candidates seront-elles jugées ? Les juges de la soirée finale auront-ils le dernier mot ? », demande-t-elle.
Cette contestation apparaît directement sous les publications officielles consacrées à Miss Universe 2026. Elle ne vient donc pas seulement de comptes hostiles au concours, mais également d’abonnés qui continuent de suivre son actualité tout en refusant de croire aveuglément à la régularité du résultat.
« Qui aura assez d’argent pour acheter la couronne ? »
Certains commentaires accusent ouvertement l’organisation d’être soumise à l’argent et aux intérêts de ses propriétaires. « La question est maintenant de savoir qui aura un visa suffisamment solide et assez d’argent pour acheter la couronne », écrit un internaute.
Un autre demande : « Qui paiera le plus cette année ? Y aura-t-il des enchères ou allez-vous simplement approcher les candidates avec beaucoup d’argent ? »
Sous un autre message, un abonné ironise sur une éventuelle nouvelle victoire du Mexique, tandis qu’un commentaire assure qu’aucune couronne ne doit être « achetée comme l’année dernière ».
Ces accusations révèlent une rupture profonde entre Miss Universe et son public. La future organisation de la soirée est désormais observée avec suspicion avant même l’annonce des candidates, des juges et des règles précises de sélection.
La victoire de Fátima Bosch continue d’alimenter la défiance
Les réactions font directement référence à l’élection précédente, remportée par la Mexicaine Fátima Bosch. Cette édition a été marquée par des démissions au sein du jury et par des accusations concernant la présélection des finalistes. Omar Harfouch avait le premier quitté son poste de juge avant la finale. Il avait affirmé, preuves à l’appui, que l’élection était jouée à l’avancée et qu’un comité différent du jury officiel avait participé au choix des 30 candidates retenues, sans que les juges annoncés aient réellement pris part à cette première étape. La victoire de Fátima Bosch, orchestrée par Raúl Rocha Cantú, copropriétaire du concours, avait confirmé les accusations de triche. Depuis, la marque Miss Universe a perdu toute légitimité et crédibilité.
La DEA accuse le pouvoir mexicain de proximité avec les cartels
La nouvelle polémique autour de Miss Universe éclate alors que le gouvernement mexicain est lui-même visé par des accusations particulièrement graves venues des États-Unis. Terrance Cole, directeur de l’agence antidrogue américaine, affirme qu’il existe un lien extrêmement étroit entre le pouvoir mexicain et les cartels de la drogue. Il décrit les réseaux criminels et le gouvernement comme étant devenus « inséparables », allant jusqu’à les présenter comme « une seule et même chose ».
Ces déclarations mettent sous pression l’administration mexicaine, accusée de ne pas combattre suffisamment certains réseaux criminels et leurs soutiens économiques ou politiques. Le responsable américain promet de poursuivre les cartels, mais également leurs facilitateurs, leurs distributeurs, leurs blanchisseurs d’argent et toutes les personnes participant au financement ou au fonctionnement de leurs activités.
Claudia Sheinbaum rejette une accusation politique
De son côté, la présidente mexicaine rejette les déclarations du directeur de la DEA. Claudia Sheinbaum estime que ces propos ressemblent davantage à une attaque politique qu’à une accusation fondée sur des preuves précises. Elle demande aux autorités américaines de s’intéresser aussi aux réseaux de distribution, au blanchiment d’argent et au trafic de drogue présents aux États-Unis. Elle rappelle également les opérations menées au Mexique contre les organisations criminelles, les arrestations réalisées et les importantes saisies de drogues et d’armes. Le gouvernement mexicain affirme vouloir poursuivre sa coopération avec Washington, mais refuse toute intervention directe des autorités américaines sur son territoire.
Raúl Rocha visé par une enquête criminelle
Pour rappel, Raúl Rocha Cantú détient 50% de Miss Universe par l’intermédiaire de Legacy Holding Group USA. Copropriétaire du concours, l’homme d’affaires est visé au Mexique par une enquête portant sur des faits de criminalité organisée, de trafic de drogue, de trafic d’armes et de vol de carburant. Plusieurs mandats d’arrêt ont été délivrés contre les membres d’un réseau opérant entre le Guatemala et le Mexique. Ses comptes bancaires ont également été gelés dans le cadre des investigations sur le blanchiment d’argent et le crime organisé. Sa position au sein de Miss Universe nourrit donc logiquement les interrogations sur l’influence qu’il conserve dans l’organisation, son financement, le choix de ses dirigeants et le processus de désignation de la gagnante.
Deux affaires distinctes qui alimentent la même défiance
Les accusations de la DEA contre le gouvernement mexicain et l’enquête visant Raúl Rocha constituent deux dossiers distincts. Mais l’accumulation de ces accusations place le concours dans une situation particulièrement délicate. Miss Universe est dirigé en partie par un homme d’affaires visé par une enquête criminelle, tandis que le gouvernement de son pays est accusé par la DEA d’entretenir des relations étroites avec les cartels.
Miss Universe sommé de prouver la régularité de son élection
À quelques mois de la finale de Porto Rico, Miss Universe ne peut plus faire comme si de rien n’était. Les internautes demandent la publication des notes, l’identité des juges, leurs pouvoirs réels, les critères de sélection et la présence d’un organisme indépendant chargé de surveiller le scrutin. L’organisation n’a pas encore présenté publiquement un dispositif détaillé répondant à l’ensemble de ces demandes. La prochaine édition devra donc réussir à démontrer que la gagnante sera choisie par un jury réellement décisionnaire, selon des règles publiques et vérifiables. Et ça, c’est loin d’être gagné…