Birmanie : le Parlement se réunit cinq ans après le coup d’État, sous l’ombre persistante de l’armée
Birmanie : le Parlement se réunit cinq ans après le coup d’État, sous l’ombre persistante de l’armée

Le Parlement birman s’est réuni lundi pour la première fois depuis le coup d’État militaire de 2021, marquant une étape présentée par les autorités comme un retour institutionnel à la démocratie. Cependant, de nombreux observateurs estiment que l’armée conserve un contrôle étroit sur les institutions politiques du pays.

La mise en place de cette nouvelle assemblée intervient après des élections organisées récemment en plusieurs phases. Le scrutin a été largement dominé par le Parti de l’union, de la solidarité et du développement (USDP), une formation politique soutenue par l’armée, dans un contexte marqué par une faible participation électorale et l’absence d’une opposition crédible.

Lors de la première session parlementaire, Khin Yi, président de l’USDP et général de brigade à la retraite, a été élu président de la Chambre basse. Sa nomination était attendue par plusieurs analystes, qui considèrent ce poste comme stratégique pour permettre à l’armée de mettre en œuvre son programme politique.

Depuis le renversement du gouvernement civil dirigé par la lauréate du prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi en 2021, le Myanmar est plongé dans une profonde crise politique et sécuritaire. Le pays est confronté à une guerre civile persistante et à une grave crise humanitaire qui touche des millions de personnes.

Le coup d’État militaire avait interrompu un processus démocratique alors que le gouvernement d’Aung San Suu Kyi s’apprêtait à entamer un second mandat de cinq ans après une victoire électorale écrasante. Depuis lors, les autorités militaires font face à une résistance armée dans plusieurs régions du pays.

De nombreux pays occidentaux ont dénoncé les dernières élections comme une « mascarade » visant à légitimer le pouvoir des généraux. Après cinq années d’isolement diplomatique, de sanctions internationales et d’exclusion de plusieurs forums internationaux, l’armée semble désormais chercher à rétablir une façade institutionnelle tout en conservant l’essentiel du pouvoir politique.

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