Yoplait : la petite fleur du yaourt désormais cultivée par Lactalis et Sodiaal
Yoplait : la petite fleur du yaourt désormais cultivée par Lactalis et Sodiaal

Quatorze ans après avoir évincé Lactalis, Sodiaal se retrouve à partager l’exploitation de Yoplait avec son ancien rival. Le géant américain General Mills a en effet finalisé la vente de ses activités dans l’ultra-frais aux États-Unis à Lactalis, pour un montant de 1,2 milliard de dollars de chiffre d’affaires. Une transaction qui s’inscrit dans la stratégie de recentrage de General Mills, désormais tourné vers les croquettes et les snacks, au détriment des produits frais.

Une répartition stratégique du marché nord-américain

L’opération avait été annoncée dès septembre 2024 : les États-Unis pour Lactalis, le Canada pour Sodiaal. Cette cession s’élève à 2,1 milliards de dollars au total. Elle consacre le retour de Lactalis dans le giron de Yoplait, mais cette fois par la grande porte, alors qu’en 2011 la coopérative Sodiaal avait tout fait pour l’en empêcher. Ironie de l’histoire : les deux « frères ennemis » de l’industrie laitière française partagent désormais la marque emblématique, même s’ils ne se croisent pas sur les mêmes marchés. Lactalis, acteur familial basé en Mayenne, poursuit ainsi sa stratégie de diversification autour des produits laitiers. Grâce à cette acquisition, l’ultra-frais devient son deuxième secteur d’activité, juste derrière le fromage (Président, Leerdammer) et devant le lait. Le groupe consolide aussi sa position de numéro deux mondial des yaourts, derrière Danone.

Une rivalité qui traverse le temps

La tension entre les deux groupes ne date pas d’hier. En 2011, alors que PAI Partners cédait ses parts dans Yoplait, Sodiaal avait tout mis en œuvre pour barrer la route à Lactalis, allant jusqu’à favoriser General Mills. Mais en 2021, retournement de situation : l’américain cède à Sodiaal le contrôle de la marque Yoplait et de ses activités européennes. En échange, il obtient une baisse significative des royalties versées pour l’utilisation de la marque, un avantage dont hérite aujourd’hui Lactalis pour ses nouvelles activités américaines. Reste à observer comment ces deux géants du lait, longtemps en opposition, cohabiteront désormais à distance autour de la même marque. Une alliance de circonstance plutôt qu’un rapprochement idéologique, dans un marché où la chaîne du froid semble aussi tendue que les relations industrielles.

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