Le sort de SFR est en jeu. Endetté à hauteur de 24 milliards d’euros, le géant français des télécoms cherche un repreneur. La vente de l’opérateur, désormais jugée inévitable, pourrait rebattre les cartes du paysage numérique français.
Une vente éclatée, une migration inévitable
Derrière cette manœuvre de sauvetage, Altice France – le groupe dirigé par Patrick Drahi – tente de sauver les meubles. Un processus de cession est enclenché, avec une valorisation globale avoisinant les 30 milliards d’euros, dette comprise. L’objectif : éviter le naufrage et soulager la dette colossale. Mais l’opération s’annonce complexe. Bouygues Telecom, Free (Iliad), Orange et même des groupes étrangers comme Emirates Telecommunications sont sur les rangs. Aucun acteur ne peut absorber SFR à lui seul sans franchir les lignes rouges de la concurrence. Une répartition des actifs semble donc plus probable : abonnés mobiles ici, clients entreprise là, et peut-être les infrastructures fibre à part, via une vente indépendante de XpFibre.
Une transition douce… ou un choc pour les clients ?
Pour les 19 millions d’abonnés mobiles et 6 millions d’abonnés fixes, l’avenir s’écrit en pointillés. Si un démantèlement est acté, ils seront redistribués chez d’autres opérateurs. Officiellement, pas de coupure en vue : les précédentes fusions ont montré que les abonnés peuvent rester sur leurs offres, parfois sans même s’en rendre compte. Mais rien n’empêche des changements tarifaires ou de services à moyen terme. D’ici là, la procédure de sauvegarde accélérée prévue en juin et l’accord avec les créanciers visent à sécuriser l’opération. Reste que plus de 30 boutiques SFR fermeront dès juillet 2025, preuve d’un recentrage digital qui risque de désarçonner certains clients fidèles. En attendant, mieux vaut rester à l’écoute. Car une chose est sûre : le SFR que l’on connaît aujourd’hui est voué à disparaître.