Vélos électriques : un trafic à 6 millions d’euros démantelé par la douane
Vélos électriques : un trafic à 6 millions d’euros démantelé par la douane

C’est une opération d’envergure que la douane française qualifie d’« inédite ». Plus de 7 000 vélos électriques importés frauduleusement ont été saisis à la suite d’un vaste coup de filet mené en mars dernier sur six entrepôts disséminés à travers le territoire. L’affaire, révélée ce mercredi 23 juillet, met au jour un réseau structuré, transnational, soupçonné d’avoir contourné les règles douanières européennes à grande échelle. Le préjudice fiscal est estimé à près de 6 millions d’euros en droits et taxes éludés. L’enquête avait été lancée à l’automne 2024 par la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières. Elle ciblait plusieurs filières soupçonnées de faire entrer illégalement sur le marché européen des vélos à assistance électrique en provenance de Chine, destinés à la vente en ligne. Pour masquer l’origine réelle des marchandises et éviter les droits antidumping ainsi que la TVA, les importateurs s’appuyaient sur un enchevêtrement de sociétés écrans, de faux documents et de circuits logistiques opaques.

Un schéma digne des trafics de stupéfiants

Les entrepôts utilisés pour le stockage changeaient régulièrement d’adresse, et les produits y étaient livrés sans trace claire d’origine ni de propriétaire. Les enquêteurs comparent ce mode opératoire à celui des « mules » dans les trafics de drogue : des points relais anonymes, déconnectés de la tête du réseau, empêchant toute traçabilité directe. Ce système visait à tirer profit de la croissance spectaculaire du marché des vélos électriques, dopée par les politiques publiques en faveur des mobilités douces. Mais il s’inscrit aussi dans une criminalité économique bien plus vaste, aux ramifications européennes. Avec l’appui de l’Office européen de lutte antifraude, les services douaniers français ont partagé des éléments-clés avec leurs homologues allemands, néerlandais et polonais, plusieurs lieux de stockage ayant été identifiés dans ces pays. Pour la douane, il s’agit d’un dossier « emblématique », qui illustre l’agilité de certaines organisations criminelles à détourner des marchés en plein essor à des fins frauduleuses. Le coup porté au réseau marque un tournant, mais les services d’enquête restent sur le qui-vive : les flux de marchandises illégales ne cessent de s’adapter aux failles logistiques, réglementaires et géographiques du marché unique européen.

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