Depuis le début de l’année, le marché automobile français accuse un net recul, et Tesla en est la figure de proue. Après un premier trimestre déjà morose, le constructeur américain a vu ses immatriculations fondre de 60 % en avril 2025 par rapport à avril 2024. Sur les quatre premiers mois, la marque n’a écoulé que 7 556 voitures électriques, soit 44 % de moins qu’à la même période l’an passé, alors même qu’elle modernise sa gamme.
Un effondrement inégalé sur le segment électrique
Au total, Tesla peinait fin avril à regagner des parts de marché, dont la part globale des véhicules électrifiés, qui plafonne à 18 %. Pendant ce temps, le marché dans son ensemble reste très loin de ses niveaux d’avant 2020, avec seulement 139 000 voitures neuves immatriculées en avril (- 5,6 % sur un an). Nicolas Le Bigot, directeur général par intérim de la Plateforme automobile, s’alarme : « Le marché est à un niveau préoccupant; les ménages, sous pression économique, repoussent leurs projets d’achat. »
Un contexte économique et politique défavorable
Outre la conjoncture morose, Tesla pâtit sans doute de l’image contrastée de son patron, Elon Musk, dont les prises de position politiques et la proximité affichée avec Donald Trump alimentent la défiance. Les tensions commerciales internationales et les menaces de droits de douane américains pèsent également sur la confiance des acheteurs, freinant l’élan de la mobilité électrique. Renault, en dépit d’un marché global en berne, signe un léger rebond : + 2 % d’immatriculations (39 000 unités en avril), devançant Stellantis, en recul de 12 % (33 786 vendues). Volkswagen recule à son tour de 8,5 %, plombé par Seat. Pendant que Tesla dévisse, les constructeurs traditionnels tirent parti de la demande locale et d’une gamme élargie, confirmant que la transition électrique ne profite pas encore à tous à parts égales.