Elle devait incarner l’alliance stratégique entre un géant de l’automobile et un outsider chinois. Mais l’aventure européenne de la Leapmotor T03 s’arrête net : Stellantis met fin à sa production sur le continent, à peine un an après son arrivée.
Assemblé en kit SKD dans l’usine de Tychy (Pologne) depuis l’été 2023, ce modèle électrique à moins de 20 000 euros devait profiter des subventions françaises grâce à sa fabrication en Europe. Un coup bien joué ? Pas si vite. L’État a modifié les critères d’éligibilité au bonus écologique, les rendant dépendants non plus du lieu d’assemblage, mais de l’origine réelle de la fabrication. Résultat : la T03, conçue en Chine, est exclue du dispositif, rendant son prix bien moins attractif.
Un partenariat fragile, une fin logique
Leapmotor, que Stellantis ne possède qu’à 51 % en Europe, n’était pas intégrée à son portefeuille comme Peugeot ou Opel. Le partenariat semblait donc avant tout opportuniste, dicté par la volonté d’occuper le créneau de la voiture électrique accessible. Le 30 mars, la production a officiellement cessé. Les frères Lebrun, nommés il y a à peine un mois ambassadeurs de la marque en France, voient leur mission brutalement interrompue.
Une revanche en préparation ?
Stellantis ne range pas les ambitions au garage. Leapmotor prévoit de relancer son offensive avec le B10, un SUV compact électrique, qui pourrait être produit à Saragosse (Espagne), cette fois en conformité avec les critères européens. Mais le cas T03 rappelle que dans l’industrie automobile, jouer avec les règles peut coûter cher… surtout quand elles changent en cours de route.