Le constructeur automobile Stellantis tourne définitivement la page Carlos Tavares. L’Italien Antonio Filosa a été nommé hier mardi directeur général du groupe. Une nomination qui marque un virage stratégique majeur : la tête du groupe s’installe aux États-Unis, loin de ses racines franco-italiennes.
Fin de l’équilibre européen, cap sur les Amériques
Antonio Filosa, 51 ans, connaît parfaitement la maison. Entré chez Fiat en 1999, il a fait l’essentiel de sa carrière entre l’Amérique du Sud et le marché nord-américain. En 2023, il prend la direction de Jeep, avant d’être propulsé à la tête des activités américaines du groupe Stellantis. Ce profil, tourné vers les marchés clés du continent américain, tranche radicalement avec celui de Carlos Tavares, artisan du rapprochement PSA-Fiat et fervent défenseur du socle européen. Le conseil d’administration, sous la houlette de John Elkann, assume cette réorientation. Le choix de Filosa enterre l’équilibre franco-italien du groupe et acte une priorité : consolider Stellantis là où il réalise désormais ses meilleures performances commerciales.
Un homme de négociation face aux syndicats
La désignation de Filosa n’est pas seulement géographique. C’est aussi celle d’un négociateur aguerri. L’an dernier, il avait désamorcé une grève majeure du puissant syndicat américain UAW, renoué le dialogue avec les concessionnaires et allégé les stocks sur les parkings. Depuis son arrivée, les relations avec le syndicat se seraient nettement améliorées, selon ses représentants eux-mêmes. Avec 14 marques sous sa bannière, Stellantis veut maintenant s’ancrer durablement sur le sol américain. La nomination d’Antonio Filosa envoie un signal clair : les États-Unis ne sont plus seulement un marché stratégique pour le groupe, ils deviennent aussi son nouveau centre de gravité.