TOKYO – Le géant japonais de la technologie et du divertissement Sony a annoncé mercredi s’attendre à une légère hausse de 0,3 % de son bénéfice d’exploitation, qui devrait atteindre 1 280 milliards de yens (environ 8,7 milliards de dollars) sur l’exercice en cours se terminant en mars 2026. Cette prévision tient compte d’un impact négatif estimé à 100 milliards de yens lié à la politique commerciale de l’administration Trump.
Sony précise que cette estimation ne prend pas encore en compte les effets potentiels de l’accord commercial récemment conclu entre les États-Unis et la Chine, et reconnaît que l’impact tarifaire réel pourrait varier considérablement. Cette incertitude n’a cependant pas freiné l’élan du groupe à la Bourse de Tokyo, où son action a clôturé en hausse de 3,7 % mercredi, stimulée également par l’annonce d’un programme de rachat d’actions portant sur 100 millions de titres pour un montant de 250 milliards de yens.
Hiroki Totoki, récemment nommé PDG du groupe, a réaffirmé l’importance stratégique des activités de divertissement pour Sony, alors que l’entreprise prépare la scission de son unité financière. Cette dernière sera cotée à la Bourse de Tokyo le 29 septembre, avec Sony ne conservant qu’une participation minoritaire de moins de 20 %.
Malgré sa diversification, la branche jeux vidéo reste un pilier de l’activité du conglomérat. Toutefois, Sony a vu ses ventes de PlayStation 5 chuter de 38 % au quatrième trimestre de l’exercice écoulé, à 2,8 millions d’unités. Le bénéfice d’exploitation de cette division a reculé de 12,5 % sur la même période. Sony table toutefois sur un rebond de 16 % des bénéfices dans ce secteur cette année, grâce à la sortie de titres propriétaires très attendus, comme « Ghost of Yotei », prévu pour octobre.
L’entreprise vise des ventes annuelles de 15 millions de consoles PS5, tout en signalant que des incertitudes persistent, notamment sur le plan logistique. Des hausses de prix récentes en Europe et au Royaume-Uni, justifiées par l’inflation et les fluctuations monétaires, reflètent ces défis.
Face à une concurrence accrue, notamment avec la sortie de la Switch 2 de Nintendo en juin, Sony devra miser sur la qualité de ses exclusivités et la résilience de ses activités dans la musique, le cinéma et les semi-conducteurs pour maintenir le cap. Le bénéfice d’exploitation global de Sony, incluant les services financiers, a grimpé de 16 % à 1 400 milliards de yens pour l’exercice clos en mars 2025.