Signal rapatrie le made in France… mais sabre 80 emplois
Signal rapatrie le made in France… mais sabre 80 emplois

L’annonce d’un investissement de 14 millions d’euros pour moderniser l’usine de Compiègne-Le Meux cache un cruel paradoxe : relocalisation de 15 millions de tubes de dentifrice par an, oui ; préservation des emplois, non ! La CGT alerte : d’ici 2030, 80 postes s’envoleraient, malgré un plan de départs « volontaires » et une « GEPP » qui rime surtout avec coupes sociales.

Modernisation high-tech, suppression low-tech

Depuis 1989, les 260 salariés façonnent 90 % de la production de dentifrice du site. Pour faire de Compiègne-Le Meux « une référence », Unilever mise sur l’automatisation et la robotisation : fin de la production capillaire, nouvelle ligne ultrarapide, mais aussi gain de place à la chaîne… et moins de bras. D’ici fin 2025, le site devrait boucler sa mue ; d’ici 2030, la direction espère que la moitié des départs (retraites, ruptures conventionnelles…) permettra de réduire la voilure.

La CGT sonne l’alarme

« Depuis 2019, plus de 70 postes ont déjà disparu », souffle David Bongard, secrétaire CGT. Loin de saluer l’« avance technologique », les syndicats réclament une contrepartie pour les « polyvalents » qui resteront, promis à des tâches sans cesse accrues. Aux réunions âpres avec la direction, ils exigent davantage que des aménagements de fin de carrière : une prime, une reconnaissance et des garanties sur les conditions de travail. « Automatiser les tâches pénibles, c’est bien ; se priver de compétences, c’est dangereux », conclut le syndicaliste. Dans cet Oise en mal d’emplois, la belle promesse d’un « made in France » tourne court : la modernité aura un goût amer pour ceux qui risquent de rester sur le quai.

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