SFR : l’offre conjointe de rachat par Orange, Bouygues et Free rejetée par AlticeSFR : l’offre conjointe de rachat par Orange, Bouygues et Free rejetée par Altice (DR)
SFR : l’offre conjointe de rachat par Orange, Bouygues et Free rejetée par AlticeSFR : l’offre conjointe de rachat par Orange, Bouygues et Free rejetée par Altice (DR)

C’est un front inédit dans le monde des télécoms français, mais il n’a pas convaincu son destinataire. Les trois opérateurs concurrents Orange, Bouygues Telecom et Free (groupe Iliad) ont déposé mardi une offre commune de rachat de SFR auprès du groupe Altice, propriété de Patrick Drahi. Montant proposé : 17 milliards d’euros pour l’ensemble des activités télécoms et médias de l’opérateur. Une proposition « immédiatement rejetée » par la direction d’Altice, a indiqué mercredi son PDG Arthur Dreyfuss dans un message adressé aux salariés.

Une offre inédite mais loin des attentes de Patrick Drahi

Cette tentative de rapprochement entre les trois grands rivaux du secteur visait à remettre sur pied un acteur en difficulté, lourdement endetté (plus de 23 milliards d’euros) et confronté à une baisse continue de sa rentabilité. L’offre, jugée non engageante à ce stade, valorisait SFR à 17 milliards d’euros, soit bien en deçà des 28 milliards espérés par Patrick Drahi. Selon les informations du groupe, Bouygues aurait récupéré environ 43 % des actifs, Free 30 % et Orange 27 %. Les trois opérateurs expliquaient dans un communiqué vouloir « consolider la maîtrise des infrastructures stratégiques pour le pays » et « renforcer les investissements dans la résilience des réseaux, la cybersécurité et les nouvelles technologies comme l’intelligence artificielle ». Un argument patriotique qui n’a pas suffi à convaincre Altice France, dont la direction a fermé la porte à toute discussion immédiate.

Un projet de partage industriel encadré

Le schéma de rachat imaginé par les trois opérateurs prévoyait une répartition précise des activités de SFR. Bouygues Telecom et Iliad auraient récupéré le segment professionnel (B2B), tandis que le grand public aurait été partagé entre les trois acteurs. Le réseau mobile en zones peu denses aurait été repris par Bouygues. Une société commune temporaire devait gérer la migration des clients et des infrastructures pendant la phase de transition. Ce projet, sans précédent dans l’histoire des télécoms français, aurait nécessité une validation complexe de l’Autorité de la concurrence et de la Commission européenne. À ce stade, Altice semble toutefois vouloir conserver la main sur SFR, malgré la pression croissante de ses créanciers et la dégradation de sa situation financière. Reste à savoir si les trois concurrents maintiendront leur alliance dans les mois à venir ou si d’autres investisseurs tenteront, à leur tour, de séduire un groupe affaibli mais toujours stratégique pour le marché français des communications.

Que retenir rapidement ?

C’est un front inédit dans le monde des télécoms français, mais il n’a pas convaincu son destinataire. Les trois opérateurs concurrents Orange, Bouygues Te

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