Lormauto, entreprise normande pionnière du rétrofit électrique, va mettre la clé sous la porte. Créée en 2020, la start-up s’apprête à être liquidée par décision du tribunal de commerce de Caen ce mercredi 21 mai, après avoir échoué à réunir les financements nécessaires à son développement industriel. L’annonce a été faite par son cofondateur, Franck Lefèvre, dans une publication sur LinkedIn. Spécialisée dans la conversion de véhicules thermiques en électriques, Lormauto s’était notamment fait remarquer lors du Mondial de l’automobile 2022 en présentant une version électrifiée de la Renault Twingo de première génération, proposée à partir de 12 500 euros après aides. Avec une promesse de reconditionnement durable et bon marché, l’entreprise incarnait l’espoir d’un modèle industriel alternatif, fondé sur la réparation plutôt que la production massive de véhicules neufs.
Un modèle vertueux, une demande insuffisante
L’entreprise avait homologué ses modèles, mis en place une usine d’assemblage capable de sortir jusqu’à 3 000 véhicules par an, enregistré plusieurs centaines de commandes, et développé une plateforme d’électrification adaptée aux citadines et utilitaires légers. Mais la dynamique s’est rapidement heurtée à un manque de capitaux. Alors que Bpifrance et le ministère de l’Industrie envisageaient un soutien de deux millions d’euros, les conditions de financement ont changé, compromettant le projet. Face à l’absence de liquidités, la direction n’a eu d’autre choix que d’abandonner. Malgré cette fin prématurée, Franck Lefèvre veut croire à la viabilité du modèle. Il souligne que son entreprise avait prouvé qu’une voiture électrique à la fois accessible, réparable et produite localement était possible. Un combat qu’il entend poursuivre ailleurs.