Le constructeur allemand Porsche traverse une passe délicate sur ses deux plus importants marchés : la Chine et l’Amérique du Nord, qui représentaient ensemble plus de la moitié de ses ventes ces dernières années. Le dernier trimestre illustre cette tendance inquiétante : en Chine, les ventes de Porsche ont chuté de 42 %, atteignant leur niveau le plus bas depuis dix ans avec seulement 9 500 véhicules écoulés. En 2024, elles avaient déjà reculé de 28 %. En cause, un net ralentissement de la consommation locale, mais aussi la montée en puissance de concurrents chinois agressifs, à l’image de Xiaomi. Le géant de l’électronique a lancé la SU7, une berline électrique vendue 27 000 euros, soit plus de quatre fois moins cher que la Taycan de Porsche, avec déjà 180 000 unités vendues.
L’incertitude américaine fragilise davantage l’équilibre
La situation n’est pas plus rassurante aux États-Unis, où les perspectives économiques et politiques contribuent à l’incertitude pesant sur le marché automobile haut de gamme. L’action Porsche, cotée à 43 euros le 17 avril, a perdu près de deux tiers de sa valeur depuis son sommet de l’été 2023. Face à l’émergence de nouveaux acteurs à bas coût et à un contexte économique mondial tendu, le mythe Porsche semble désormais devoir redoubler d’efforts pour préserver sa place dans le paysage automobile international.