Paris : Winamax condamné à payer un joueur accusé de tricher
Paris : Winamax condamné à payer un joueur accusé de tricher

Quatre années de bras de fer judiciaire et un bookmaker contraint de lâcher 400 000 euros. À Paris, le tribunal civil a ordonné à Winamax de verser à l’un de ses parieurs ses gains, refusés jusque-là au motif d’une supposée fraude jamais prouvée. L’opérateur, qui a interjeté appel, se retrouve ainsi dans la tourmente, alors que les litiges entre plateformes et joueurs gagnants se multiplient.

Un jackpot bloqué, une bataille juridique ouverte

L’affaire débute en 2021. Après une série de paris combinés sur plusieurs disciplines, validés et crédités par Winamax, le joueur voit soudain son compte clôturé au moment du virement. La société l’accuse alors d’avoir misé sans aléa, en clair de disposer du résultat à l’avance. Problème : aucune preuve tangible. Les juges rappellent que Winamax a eu tout loisir d’annuler les paris pendant ou après les matchs, mais ne l’a jamais fait. Le parieur, documents et captures d’écran à l’appui, a démontré que ses mises avaient été couvertes par Sportradar, fournisseur officiel de résultats de la plateforme, et confirmées par l’Autorité nationale des jeux.

Les bookmakers dans le viseur de la justice

Le verdict du 1er juillet est cinglant : aucune fraude n’est établie et la bonne foi du plaignant est reconnue. L’affaire illustre un climat tendu entre opérateurs et clients. Les sociétés de paris sont régulièrement accusées de pratiques déloyales (suspensions de comptes, limitations de mises, refus de gains) ciblant surtout les profils gagnants. Comme le souligne un avocat spécialisé, les plateformes vivent des perdants, pas des parieurs qui raflent la mise. Winamax rétorque que ses conditions générales lui permettent d’annuler tout pari sans aléa, citant l’exemple du tennis en direct où quelques secondes d’avance suffisent à fausser la cote. Mais dans ce dossier, l’argument n’a pas convaincu.

Un revers symbolique pour l’industrie

Le joueur, qui avait utilisé l’option « Cash out » pour sécuriser ses gains avant la fin de ses pronostics, aurait pu toucher jusqu’à 625 000 euros s’il avait tout laissé courir. Le tribunal a retenu que rien ne prouvait une quelconque manipulation et que Winamax, en refusant de payer, s’était contenté d’être un « mauvais perdant ». Ce jugement, même frappé d’appel, résonne comme un avertissement : l’eldorado des paris en ligne, fort de 14 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel, ne pourra pas éternellement écarter les gagnants en brandissant des accusations vagues. Pour Winamax et ses concurrents, la partie juridique ne fait que commencer.

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