Le champagne a un goût amer pour les salariés de LVMH. Le géant mondial du luxe, dirigé par Bernard Arnault, prévoit de supprimer 10 % des effectifs de sa filiale Moët Hennessy, spécialisée dans les vins, champagnes et spiritueux. En cause : une baisse de 11 % du chiffre d’affaires de cette branche en 2024, qui s’établit à 5,9 milliards d’euros. Pour expliquer cette cure d’amaigrissement, la direction met en avant un retour au niveau d’activité de 2019, évoquant une gestion « progressive » via le non-remplacement de départs et une attrition douce. Moët Hennessy emploie actuellement 9 400 personnes à travers le monde. La conjoncture internationale, notamment le ralentissement du marché chinois et les tensions commerciales avec les États-Unis, sont pointées du doigt.
Une cure d’austérité pour les salariés, pas pour les actionnaires
Mais ce plan d’économie contraste avec la générosité du groupe envers ses actionnaires : près de 7 milliards d’euros versés en 2024 en dividendes ou rachats d’actions. Une politique assumée par Bernard Arnault, qui défend la dérégulation et appelle à davantage de libre-échange transatlantique. Le patron de LVMH, dont la fortune est estimée à 146 milliards de dollars, ne semble pas prêt à puiser dans ses ressources personnelles pour soulager ses effectifs. Alors que la multinationale a vu son chiffre d’affaires global baisser de 2 % au premier trimestre 2025, c’est donc du côté de l’emploi que le groupe choisit d’ajuster la voilure. Un signal fort envoyé à ses salariés, mais aussi au monde du luxe, sur les priorités du leader mondial du secteur.