MaPrimeRénov’ bouchée : artisans et foyers en sursis
MaPrimeRénov’ bouchée : artisans et foyers en sursis

Lundi 12 mai, Paris. Devant l’Agence nationale de l’habitat (Anah), chefs d’entreprise et particuliers exsangues se rassemblent pour dénoncer l’incroyable lenteur des paiements de MaPrimeRénov’. Ce coup de colère spontané pointe du doigt un dispositif autrefois vanté pour financer la rénovation énergétique de 2,5 millions de logements, mais qui menace aujourd’hui de précipiter ses bénéficiaires… et ceux qui les accompagnent, au bord de la faillite.

Retards mortels pour les entreprises

Thierry Flak, patron d’une société de travaux dans le Val-de-Marne, crie sa colère : « On me doit 800 000 € ! » Depuis septembre 2024, il a dû licencier 14 collaborateurs, fermer ses agences de Nice et Cambrai, tout en avançant les fonds pour ses clients—une mission désormais impossible sans les versements promis par l’État. Les contrôles anti-fraude, censés garantir l’intégrité du système, se transforment en cauchemar administratif, avec des délais « lunaires » et une organisation défaillante qui broie le tissu économique local.

Bénéficiaires tenus en laisse

Du côté des particuliers, l’angoisse est tout aussi palpable. Cindy, Vosgienne de 36 ans, a patienté deux ans pour toucher 8 550 €, endettant provisoirement ses enfants et sollicitant un prêt bancaire pour finir ses travaux. Aujourd’hui, l’avocate Joyce Pitcher gère 2 500 dossiers similaires : elle pointe des contrôles « insuffisants et mal coordonnés », où chaque dossier passe entre plusieurs mains non formées. Face à cette débâcle, l’Anah assure « mettre tout en œuvre » pour résorber le retard. Mais pour ces manifestants, la mesure d’urgence est ailleurs : débloquer les fonds sans plus attendre, avant que le dispositif ne devienne définitivement synonyme de naufrage.

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