Vinci Airports renforce son ancrage au Cap-Vert. Sa filiale Cabo Verde Airports a sécurisé un financement de 40 millions d’euros pour soutenir la deuxième phase de modernisation des sept aéroports de l’archipel. Le prêt, octroyé par l’Emerging Africa & Asia Infrastructure Fund (EAAIF) et annoncé officiellement le 27 janvier, confirme une opération finalisée dès décembre.
Ce nouveau levier financier s’inscrit dans un programme global estimé à 142 millions d’euros sur trois ans, destiné à adapter les infrastructures à la montée en puissance du transport aérien. Vinci Airports indique une progression de 60 % du trafic entre 2022 et 2025, une dynamique qui oblige l’archipel à élargir ses capacités et à mieux gérer des flux dominés par l’international, qui pèse environ 80 % des mouvements.
Un prêt indexé sur des objectifs environnementaux
Particularité du montage : il s’agit d’un financement lié au développement durable, dont les conditions dépendent d’engagements environnementaux précis. Cabo Verde Airports devra suivre une trajectoire de décarbonation intégrant notamment des panneaux solaires avec stockage, une meilleure performance énergétique des terminaux, des protections solaires, le recyclage de l’eau, le traitement des eaux usées et l’amélioration du drainage. L’objectif affiché est une réduction de 30 % des émissions d’ici 2030, en cohérence avec la stratégie « zéro émission nette » de Vinci à l’horizon 2050.
Autre point clé : la dette est structurée en financement « non-recours », ce qui signifie qu’elle sera remboursée par les revenus générés par les aéroports eux-mêmes, sans peser sur le bilan consolidé de Vinci Airports. Une manière de sécuriser les investisseurs tout en s’appuyant sur une rentabilité alimentée par la forte dépendance de l’archipel aux liaisons aériennes.
Dans ce pays insulaire, où l’avion constitue la colonne vertébrale du tourisme et de la mobilité, cette opération prend une dimension stratégique : moderniser les aéroports revient à consolider un pilier essentiel de la souveraineté économique, alors que le tourisme représenterait environ un quart de la richesse additionnelle créée.