Uber a annoncé un partenariat avec Gemini Trains pour vendre les futurs billets de trains à grande vitesse entre Londres, Paris et Bruxelles. Problème : Gemini n’a ni train, ni financement, ni autorisation définitive. Et la concurrence, elle, est bien plus avancée.
Une annonce bien en avance sur le rail
Dans un communiqué, Uber promet de distribuer les billets de Gemini Trains via son application dès que la compagnie — qui n’existe pour l’instant que sur le papier — lancera son service ferroviaire prévu pour 2028. L’objectif annoncé : casser le monopole d’Eurostar avec des liaisons transmanche à tarifs compétitifs. Mais à ce jour, Gemini n’a commandé aucun train, ne précise pas ses sources de financement, et n’a obtenu ni créneaux, ni accès confirmé au centre de maintenance de Temple Mills, seule infrastructure compatible avec ce type de matériel roulant. L’achat de dix rames adaptées au tunnel, à 300 km/h, représenterait un investissement colossal.
Une concurrence bien réelle
Pendant que Gemini multiplie les déclarations d’intention, d’autres opérateurs avancent à grands pas. Virgin Group prévoit un lancement en 2029 avec 12 trains neufs et une levée de fonds de 700 millions de livres. Le consortium Evolyn, soutenu par le groupe Mobico et la famille Cosmen, vise la même échéance. L’italien Ferrovie dello Stato (FS) table également sur 2029 avec ses rames Frecciarossa déjà partiellement compatibles avec le tunnel. Un atout qui pourrait lui permettre de devancer ses rivaux. D’autres acteurs comme Heuro, Renfe, voire la SNCF via Eurostar, étoffent aussi leur présence, certains ayant déjà déposé des demandes officielles de créneaux. En l’absence de train, de plan financier concret ou d’autorisation d’exploitation, Uber parie sur une marque en devenir. Mais dans cette course stratégique à l’ouverture du tunnel, Gemini part de loin. Et Uber, en l’associant dès maintenant à son image, pourrait bien avoir vendu des billets pour un train fantôme.