BUDAPEST — Le constructeur chinois de véhicules électriques BYD a annoncé jeudi son intention d’établir un centre européen en Hongrie, marquant une étape stratégique majeure dans son expansion sur le continent. Le PDG et président de BYD, Wang Chuanfu, a fait cette déclaration lors d’une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre hongrois Viktor Orban à Budapest.
Ce nouveau hub européen, selon Wang, remplira trois fonctions principales : il servira de plateforme commerciale pour les ventes et le service après-vente, de centre de tests pour les véhicules, ainsi que de centre de développement pour des versions adaptées aux marchés locaux. L’installation devrait permettre la création de 2 000 emplois.
La Hongrie s’est progressivement imposée comme un pilier industriel pour les groupes asiatiques de l’électromobilité. En avril 2016, BYD avait déjà ouvert une première usine dans le nord-ouest du pays, à Komarom, dédiée à l’assemblage de bus électriques. Une deuxième unité de production, consacrée aux voitures électriques, est actuellement en cours de construction.
Ce rapprochement entre la Hongrie et la Chine tranche avec l’attitude de plusieurs autres membres de l’Union européenne, qui cherchent à réduire leur dépendance économique à l’égard de Pékin. Sous l’impulsion de Viktor Orban, au pouvoir depuis 2010, la Hongrie a au contraire cultivé des relations étroites avec la Chine, traduites notamment par une politique d’ouverture aux investissements chinois dans les secteurs clés de l’automobile et des batteries.
En accueillant ce centre régional de BYD, Budapest consolide encore sa place de hub européen pour l’industrie chinoise des véhicules électriques, à l’heure où l’UE débat d’une politique industrielle plus autonome face aux géants asiatiques.