Justifié par un ralentissement brutal de la demande et des tensions douanières persistantes, le recul des ventes de vins et spiritueux pèse lourdement sur les résultats de LVMH. Moët Hennessy, pilier de la branche alcool du groupe, affiche un chiffre d’affaires en baisse de 8 %, à 2,58 milliards d’euros pour le premier semestre 2025. Une chute sévère, aggravée par un effondrement du résultat opérationnel courant de 33 %, à 524 millions d’euros. Le luxe liquide, longtemps porté par la frénésie post-Covid, subit de plein fouet le retour des arbitrages budgétaires chez les consommateurs et le bras de fer entre grandes puissances économiques.
Entre guerre commerciale et désamour des consommateurs
Aux États-Unis comme en Chine, la consommation d’alcools premium, notamment le cognac, a subi un coup d’arrêt. Après l’euphorie post-pandémie, l’inflation a changé la donne. Les hausses de prix appliquées par les grands groupes – LVMH, Rémy Cointreau, Pernod Ricard – ont rencontré un mur de prudence budgétaire. Résultat : une chute de la demande dans des marchés qui représentent à eux seuls 80 % des ventes de la précieuse eau-de-vie charentaise. Les clients chinois, inquiets du ralentissement économique, ont eux aussi levé le pied. La situation s’est tendue davantage avec le conflit commercial ouvert entre l’Europe et la Chine. Pékin a brandi, début 2024, la menace d’un droit de douane de 32 % sur les eaux-de-vie européennes. Si un compromis partiel a permis d’épargner les producteurs ayant consenti à augmenter leurs prix de 12 à 16 %, la pression reste vive. LVMH a été l’un des bénéficiaires de cette mesure de clémence, tout comme Rémy Cointreau, qui a pu ramener l’impact de ces taxes à 10 millions d’euros.