Le bio redécolle après deux années très difficiles
Le bio redécolle après deux années très difficiles

Après deux années de recul, le marché du bio en France repart timidement à la hausse. En 2024, les dépenses des ménages ont atteint 12,2 milliards d’euros, en progression de 0,8 %, selon l’Agence bio. Une reprise encore modeste, mais qui profite d’abord aux circuits spécialisés, aux commerces de proximité et à la vente directe, en hausse de 7 %. La grande distribution, elle, décroche de 5 %. Parmi les produits qui tirent leur épingle du jeu, les légumes bio progressent de 9 %, tandis que les produits laitiers et carnés s’effondrent, notamment le lait (-5 %) et la viande (-6 %). Le rayon surgelé, en particulier les produits de la mer, reste à la peine.

Des ambitions politiques loin des réalités

Si la consommation repart, la production, elle, stagne. La France a perdu plus de 110 000 hectares en bio en deux ans, malgré un solde légèrement positif d’installations. Les surfaces converties diminuent, notamment dans les grandes cultures, faute de rentabilité. Résultat : la part du bio dans la surface agricole reste figée à 10 %, bien loin des 21 % visés d’ici 2030 par la Loi d’Orientation Agricole. Même constat du côté des cantines, où la loi Egalim impose 20 % de bio depuis 2022. En réalité, à peine 6 % des achats de la restauration collective en 2024 sont bio. Le reste est absorbé à domicile, où 92 % du marché se concentre. Si la publicité relance l’intérêt du grand public, les objectifs politiques, eux, semblent s’éloigner. Et sans mesures fortes, le bio pourrait bien rester coincé entre promesses d’avenir et recul des terres.

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