Cyberattaque contre La Poste, les colis livrés malgré des services en ligne encore instables
Cyberattaque contre La Poste, les colis livrés malgré des services en ligne encore instables

Derrière l’envolée du prix des timbres annoncée pour 2026, c’est un changement de modèle en profondeur que La Poste poursuit. Alors que le courrier traditionnel s’effondre, la banque et les services financiers tirent désormais les bénéfices du groupe. À partir du 1er janvier prochain, envoyer une lettre coûtera plus cher : +9,35 % pour la lettre verte, à 1,52 euro. En moyenne, les tarifs postaux grimperont de 7,4 %. Une hausse que La Poste s’empresse de relativiser, expliquant que les ménages envoient moins de courrier qu’avant, et donc que leur budget annuel diminue. Un raisonnement qui masque difficilement l’essoufflement du modèle postal classique. En dix ans, le chiffre d’affaires du courrier s’est réduit de plus de 6 milliards d’euros. En 2015, chaque foyer dépensait 48 euros par an en affranchissement. En 2026, cette dépense tombera à 26 euros.

Une entreprise de moins en moins postale

Dans ce paysage en mutation, les colis résistent, avec 1,3 milliard d’unités expédiées, dopés par l’e-commerce européen et les livraisons hors domicile. Mais même ici, Colissimo fléchit (-3,5 %), en partie à cause du ralentissement des flux en provenance de Chine. En parallèle, les missions de service public, courrier, presse, accessibilité bancaire et aménagement du territoire,  pèsent lourd : elles représentent 1,2 milliard d’euros de pertes, peu compensées par l’État. Pendant que les facteurs font moins de tournées, les banquiers engrangent les bénéfices. La Banque postale affiche une hausse de 61 % de ses profits au premier semestre, pour atteindre 831 millions d’euros. Sa filiale CNP Assurances réalise également de solides performances. En coulisses, l’ancien service public devient une machine financière, où les bénéfices du secteur bancaire viennent éponger les pertes du courrier.

Une stratégie assumée, une critique persistante

La transformation, bien qu’efficace sur le plan comptable, suscite des critiques. Le syndicat Sud PTT dénonce une dérive : les usagers paient plus cher pour un service jugé en déclin, pendant que le cœur de métier se déplace vers la finance. Le PDG Philippe Wahl assume : La Poste continue à remplir ses missions, tout en s’adaptant à un marché concurrentiel. Mais dans les faits, l’entreprise publique a déjà pris un virage net : celui d’une banque qui distribue encore quelques lettres.

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