Jennyfer, enseigne sacrifiée : 600 emplois rayés des rayons
Jennyfer, enseigne sacrifiée : 600 emplois rayés des rayons

Le verdict est tombé pour les salariés de Jennyfer. Hier jeudi, le tribunal de commerce de Bobigny a officialisé la reprise partielle de l’enseigne, placée en liquidation judiciaire depuis fin avril. Sur les 220 boutiques, seules 33 seront sauvées. Le reste, comme près de 600 emplois, s’efface. Deux repreneurs sortent du lot. Le groupe Beaumanoir reprend la marque, 26 magasins, ainsi qu’une partie du personnel. Jusqu’à 350 postes pourraient être préservés, dont certains au siège, et d’autres par reclassement interne. Celio, de son côté, récupère sept points de vente supplémentaires et 47 salariés. Les autres magasins, voués à la fermeture, laissent leurs équipes sans avenir immédiat.

Fin de l’enseigne, survie de la marque

Dans les faits, Jennyfer disparaît du paysage commercial. Si le nom ne meurt pas tout à fait, il se dilue. Beaumanoir compte injecter des « gammes spécifiques » dans son réseau, notamment via le site Sarenza.com, mais remplacera le logo rose bonbon par ses propres marques dans les vitrines restantes. Pour les salariées, essentiellement des femmes, l’annonce a provoqué un mélange de soulagement et de désarroi. Celles reprises savent que leur contrat change dès le lendemain. Les autres, attachées à la marque fondée en 1984 et qui a habillé des générations d’adolescentes, s’apprêtent à tourner une page dans la douleur.

Un secteur qui s’effondre en chaîne

Jennyfer avait déjà subi un premier coup dur en 2023 avec un plan social visant 75 postes. Malgré une légère embellie, l’enseigne n’a pas résisté à la chute du pouvoir d’achat, à la flambée des coûts et à une concurrence mondiale toujours plus féroce. Le couperet est tombé comme pour d’autres. Naf Naf, C&A, Kaporal : tous frappés, tous fragilisés. Dans les rangs des salariées licenciées, l’amertume domine. Après plus de deux décennies de service pour certaines, l’idée de recommencer ailleurs, dans un commerce instable, paraît insurmontable. Pour elles, comme pour le reste du secteur, le naufrage continue.

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