C’est un coup de théâtre symbolique dans l’univers très feutré du luxe : Hermès, longtemps discret et raffiné, vient de coiffer au poteau le géant LVMH en devenant la première capitalisation boursière du CAC 40. Un camouflet financier pour Bernard Arnault, à deux jours seulement de son assemblée générale.
La revanche feutrée de la maison au carré orange
À la clôture des marchés, Hermès affichait une valorisation stratosphérique de 248,6 milliards d’euros, dépassant les 244,4 milliards de LVMH. Pendant que ce dernier chutait de près de 8 % en Bourse à cause de résultats jugés décevants, Hermès grappillait encore 0,2 %, consolidant sa place de valeur refuge du luxe européen. Une bascule d’autant plus symbolique que Bernard Arnault avait tenté, sans succès, de mettre la main sur Hermès dans les années 2010. LVMH, en difficulté, pâtit d’un début d’année 2025 morose : recul de 2 % des ventes au premier trimestre, ralentissement sur le marché chinois, incertitudes aux États-Unis et droits de douane en hausse. En quelques mois, son action a perdu plus de 22 %, et près de 40 % en un an.
Hermès, discret mais inébranlable
À l’inverse, Hermès continue de séduire les marchés par sa régularité. Malgré un contexte économique tendu, la maison fondée en 1837 affiche une santé insolente et des résultats record. Depuis janvier, elle grimpe à contre-courant d’un CAC 40 globalement morose. LVMH conserve encore l’avantage en chiffre d’affaires – 84,7 milliards d’euros contre 15,2 pour Hermès – mais le marché, lui, semble désormais miser sur la stabilité plutôt que sur la démesure. Hermès s’impose comme la valeur tranquille du luxe. Et quand l’élégance se paie cher, la Bourse applaudit.