Hagondange : NovAsco au bord du gouffre malgré 200 millions d’aides publiques
Hagondange : NovAsco au bord du gouffre malgré 200 millions d’aides publiques

À Hagondange, l’histoire industrielle se répète, mais cette fois, l’espoir semble s’éteindre. Le site sidérurgique de NovAsco, spécialisé dans les aciers longs spéciaux, vit son quatrième redressement judiciaire en onze ans. Malgré des centaines de millions d’euros injectés par l’État et les promesses non tenues de plusieurs repreneurs, 450 emplois sont aujourd’hui menacés. La période d’observation s’achève ce 31 octobre devant la chambre commerciale du tribunal de Strasbourg, avec un seul repreneur encore en lice. Dans la vallée de la Fensch, symbole historique de la sidérurgie lorraine, la désillusion est totale. Un an après la reprise par le fonds britannique Greybull Capital, la société a été placée en redressement judiciaire le 11 août dernier. L’État avait pourtant soutenu cette relance à hauteur de 85 millions d’euros, mais le groupe anglais, qui s’était engagé à investir 90 millions supplémentaires, n’en a finalement versé qu’une infime partie, environ 1,5 million. Le projet industriel n’a jamais pris corps.

Des promesses d’investissement jamais tenues

Depuis 2011, l’usine a survécu à une succession de plans de restructuration et de propriétaires. Après Lucchini, Severstal, Apollo, puis Schmolz et Bickenbach, tous avaient bénéficié du soutien financier de l’État français. En tout, près de 200 millions d’euros ont été versés sur onze ans pour tenter de sauver ce site stratégique. Chaque fois, les engagements industriels ont été partiellement tenus, avant un nouveau dépôt de bilan. Le projet de voie lingots, censé moderniser la production et ouvrir un débouché vers l’industrie de l’armement, devait symboliser la renaissance d’Hagondange. Il n’aura jamais dépassé le stade des études et du génie civil. Pour Yann Amadoro, secrétaire CGT du CSE central, « plusieurs millions d’euros ont été dépensés pour rien ». L’amertume est partagée par les salariés, lassés des promesses et des faillites en série.

Un site industriel à bout de souffle

Sur le terrain, le désespoir domine. David, ouvrier depuis vingt-cinq ans, résume la colère de ses collègues : « Ils passent, ils remplissent leurs poches, et ils s’en vont, et ils nous laissent sur le carreau. » L’offre de reprise la plus solide, déposée par Métal Blanc, a été retirée à la dernière minute, laissant seule sur la table la proposition d’Europlasma, qui ne sauverait que 75 emplois. Les élus locaux dénoncent un « naufrage industriel orchestré à coups d’aides publiques mal contrôlées ». Le député de Moselle Belkhir Belhaddad rappelle que l’État a soutenu chaque tentative de relance, sans jamais parvenir à enrayer le déclin d’une industrie pourtant vitale pour la région. À Hagondange, les 450 salariés de NovAsco redoutent désormais une liquidation pure et simple. Pour eux, l’usine n’est pas seulement un lieu de travail, mais un repère identitaire. Dans cette « cathédrale » d’acier, symbole d’une Lorraine ouvrière qui se bat pour sa survie, la flamme risque de s’éteindre définitivement.

Que retenir rapidement ?

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