Faillites d’entreprises : 2025 démarre sous haute tension
Faillites d’entreprises : 2025 démarre sous haute tension

Les défaillances d’entreprises remontent doucement mais sûrement : +2 % au premier trimestre 2025 par rapport à la même période l’an dernier, selon Allianz Trade. Si cette hausse paraît modérée face aux +9 % du dernier trimestre 2024 ou aux +17 % du T3, elle s’inscrit dans une sinistralité toujours très élevée. Le pic d’accélération semble certes derrière nous, mais le niveau de défauts reste préoccupant et pourrait culminer à un record historique si la tendance perdure.

Tous les secteurs sous pression

Tous les secteurs sont concernés. Au 31 mars, les entreprises en défaut totalisaient 33,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires perdu (+6 % sur un an) et 6,4 milliards de dettes fournisseurs (+11 %). La construction, la plus sinistrée, représente 22 % des faillites, avec 2 298 dossiers supplémentaires. Le transport-entreposage (+23 %) et l’information-communication (+17 %) affichent aussi une flambée inquiétante. Petites ou grandes, jeunes pousses ou groupes établis, aucune taille d’entreprise n’échappe à cette vague.

Des marges de manœuvre réduites

Le contexte n’améliore pas la situation : cycle conjoncturel atone, arrêt progressif des aides post-Covid, reprise des procédures fiscales et sociales, et menaces géopolitiques — notamment le risque d’une guerre commerciale américaine — pèsent lourdement. En cas de durcissement des droits de douane US, les experts prévoient jusqu’à 68 000 faillites en 2025, contre 67 500 envisagées initialement. Après avoir soutenu massivement l’économie, l’État joue désormais la montre, tandis que les entreprises doivent encaisser hausse des coûts et incertitudes sans autre filet de sécurité qu’une croissance trop faible pour offrir une bouffée d’oxygène.

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