Une petite entreprise alsacienne, ALM Meca, vient de créer la surprise dans le secteur très fermé de la défense en mettant au point un drone militaire ultra-rapide destiné à neutraliser des drones suicides. Baptisé Fury (ou Fury 120 selon les versions), l’appareil, développé en moins d’un an, affiche des performances inédites pour un engin de ce format : 1,1 mètre de long, un peu plus d’un mètre d’envergure, et une vitesse annoncée pouvant atteindre 700 km/h.
Conçu comme un “chasseur” de drones, le Fury vise en particulier les appareils d’attaque lents mais massifs, de type Shahed iraniens et leurs dérivés utilisés dans la guerre en Ukraine. L’idée : intercepter vite, frapper à courte distance, sans recourir à des missiles coûteux. Le drone embarque une charge explosive d’environ 2 kg, capable de se déclencher à proximité de la cible, sans forcément devoir l’impacter directement.
Une innovation française développée sans soutien public
ALM Meca, une PME d’une poignée de salariés, revendique un développement réalisé sur fonds propres, sans financement français ni européen. Un pari industriel rare dans un domaine dominé par les grands groupes, mais qui semble déjà attirer des acheteurs : selon l’entreprise, des démonstrations ont eu lieu sur plusieurs continents et des commandes auraient été enregistrées, même si la France ne figure pas encore parmi les clients.
Le Fury repose sur un savoir-faire très spécifique : la production de microturbines pour drones, que la société dit maîtriser à un niveau unique parmi les PME françaises. Grâce à un microréacteur alimenté au kérosène, l’engin peut grimper très rapidement et encaisser des contraintes extrêmes, jusqu’à 20 G en manœuvre, un argument décisif pour poursuivre des cibles mobiles.
L’entreprise affirme désormais travailler à une version encore plus rapide, visant les 1 000 km/h. Une montée en puissance qui intervient alors que plusieurs pays européens, notamment sur le flanc Est de l’OTAN, font face à des incursions répétées de drones liés au conflit ukrainien, relançant la demande pour des solutions de défense aérienne réactives, souveraines et moins coûteuses.