La verrerie du Loiret, symbole du savoir-faire français, vient d’accomplir un tour de force. Reprise par ses salariés à l’été 2024 après avoir frôlé la disparition, Duralex a atteint en un temps record son objectif de levée de fonds : plus de cinq millions d’euros collectés en quelques heures seulement ce lundi 3 novembre.
Un succès populaire éclair
Lancée le matin même via une plateforme de financement participatif, l’opération devait initialement durer plusieurs semaines. Mais l’enthousiasme des particuliers a dépassé toutes les attentes : près de sept mille souscripteurs ont promis de participer, certains à hauteur de plusieurs dizaines de milliers d’euros. Le plafond fixé à cinq millions d’euros a été atteint avant la fin de la journée, obligeant la société à clôturer prématurément la campagne. François Marciano, directeur général de la coopérative, s’est réjoui de cet engouement en y voyant la preuve tangible de l’attachement des Français à la marque : « Nous sommes très heureux de la rapidité avec laquelle nous avons récolté cette somme, cela montre la force du lien entre Duralex et le public. » L’entreprise, transformée en société coopérative (SCOP) lors de son rachat par ses deux cent quarante-trois salariés, compte utiliser ces fonds pour moderniser son outil de production et concevoir de nouvelles gammes de produits, après plus de vingt-cinq ans sans innovation majeure.
Un redressement encore fragile
Malgré cet élan populaire, le directeur général appelle à la prudence : « L’entreprise n’est pas encore sauvée », rappelle-t-il. Le chiffre d’affaires de 33 millions d’euros attendu pour 2025 doit passer à 35 millions pour atteindre l’équilibre, avant de viser 39 millions à l’horizon 2030. La trajectoire reste conforme au plan de sauvegarde validé par le tribunal de commerce, mais le défi demeure immense. Les titres financiers proposés sont des parts participatives, un instrument hybride entre action et obligation. Ils promettent un rendement annuel de huit pour cent sur sept ans, en partie défiscalisé. Il s’agit toutefois de promesses d’investissement non engageantes, et non d’un placement garanti. Le succès fulgurant de la souscription a même provoqué quelques frustrations parmi ceux qui n’ont pas eu le temps d’y participer. Duralex, devenue en un an un symbole de résilience industrielle, prévoit déjà d’autres initiatives pour permettre aux particuliers de s’associer durablement à son redressement. La marque, qui fête ses quatre-vingts ans, compte bien prouver qu’elle est, elle aussi, incassable.