Courses hippiques : un rapport explosif pousse la filière vers une réforme de fond
Courses hippiques : un rapport explosif pousse la filière vers une réforme de fond

Les grandes manœuvres s’amorcent dans le monde feutré des courses hippiques. En coulisses, les conclusions du très attendu rapport de l’Inspection générale des finances (IGF), commandé en mars dernier, ont déjà fuité. Et elles annoncent une refonte radicale du secteur. À commencer par le PMU, opérateur historique des paris, que l’État propose de transformer en groupement d’intérêt économique à forme commerciale. Objectif : lui permettre d’amasser des réserves et de financer ses ambitions… au prix d’une redistribution moins généreuse vers la filière. Ce changement de statut pourrait entraîner une perte sèche de 60 à 70 millions d’euros pour les sociétés mères France Galop et Le Trot. Jusqu’ici, l’intégralité du résultat net du PMU leur était reversée. Ce ne serait plus le cas. Désormais, le retour à la filière pourrait être plafonné à 750 millions d’euros. Le PMU pourrait alors contracter des emprunts, investir et piloter lui-même son redressement. Car depuis le début de l’année, la baisse des mises (–5 %) et la désaffection du grand public ont plongé les courses dans une zone de turbulence.

Vers un rééquilibrage du pouvoir et des moyens

Le rapport, porté par Franck Avice, propose également de repenser la gouvernance. Les sociétés mères conserveraient la charge de l’organisation des courses, tandis que le PMU serait recentré sur la gestion des paris et la stratégie commerciale. Un nouveau directeur général, issu du secteur des jeux d’argent, devrait prendre la tête de cette entité réformée, avec pour mission de moderniser l’offre et de reconquérir les parieurs. Pour la période 2026-2030, un plan d’investissement de 125 millions d’euros est esquissé, avec des priorités claires : mieux rémunérer les parieurs, rajeunir la clientèle, renforcer la coopération avec l’Autorité nationale des jeux et accroître l’influence à l’international. En parallèle, un calendrier rationalisé des courses régionales et une réduction du nombre d’hippodromes sont envisagés. Une mauvaise nouvelle pour les petits champs de course, véritables viviers d’initiations pour les amateurs comme pour les professionnels.

Quels axes de mutualisation ?

La mutualisation des moyens entre France Galop et Le Trot, serpent de mer du secteur depuis des années, figure aussi dans les recommandations. Le partage des ressources serait désormais imposé : les deux entités devraient se répartir à parts égales la contribution nette du PMU et les recettes de la taxe sur les paris en ligne. Les encouragements distribués aux éleveurs et propriétaires pourraient, eux, subir une cure d’amaigrissement. Enfin, le rapport suggère à France Galop de remplacer une partie des courses d’obstacles par des courses de plat, jugées plus attractives et potentiellement plus lucratives. Une proposition qui promet de diviser les acteurs de la filière, déjà fragilisés par des années de crise larvée. À l’aube d’un tournant, les courses françaises s’apprêtent à jouer leur avenir… à quitte ou double.

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