Europe : un palmarès des retards qui bouscule le transport aérien en 2025 (WK)
Europe : un palmarès des retards qui bouscule le transport aérien en 2025 (WK)(WK)

Réunis sous la bannière d’Airlines for Europe (A4E), les dirigeants d’IAG (International Airlines Group), Air France-KLM, Lufthansa Group, Ryanair et easyJet alertent sur une transition énergétique menacée par la pénurie de carburants durables. Depuis janvier 2025, les compagnies européennes sont soumises à l’obligation d’incorporer 2 % de SAF (Sustainable Aviation Fuel) dans leur consommation, un taux qui doit grimper à 6 % en 2030, puis à 70 % d’ici 2050. Mais les industriels jugent cette trajectoire intenable sans soutien financier et logistique de l’Union européenne.

Un décalage entre ambitions et réalité industrielle

Le PDG du groupe IAG, Luis Gallego, a résumé l’inquiétude du secteur lors d’une conférence organisée à Paris : « Nous avons des obligations, mais nous n’avons pas de carburant d’aviation durable. » Selon lui, la production mondiale de SAF reste très inférieure aux besoins, faute d’infrastructures suffisantes et d’incitations économiques à la hauteur des objectifs fixés par Bruxelles. Malgré les investissements engagés, le groupe anglo-espagnol estime qu’il ne pourra couvrir qu’un tiers de ses besoins à l’horizon 2030. Ses partenariats avec Repsol et Twelve ne suffiront pas à combler le déficit. Les autres grands acteurs européens partagent cette préoccupation : Air France-KLM et Lufthansa Group demandent un calendrier plus réaliste, pointant le risque de distorsion de concurrence avec les compagnies non européennes, moins contraintes par la réglementation environnementale.

Un carburant cinq fois plus cher que le kérosène

Au-delà de la rareté, le coût du SAF demeure le principal frein. Ce carburant issu de déchets organiques ou de biomasse coûte actuellement jusqu’à cinq fois plus cher que le kérosène fossile. Dans un secteur où les marges restent étroites, une telle hausse mettrait en péril la rentabilité des vols moyen et long-courriers. Les compagnies appellent donc à des mécanismes de compensation et à une politique d’incitation similaire à celle mise en place pour l’industrie automobile. Les dirigeants européens du transport aérien plaident pour un « dialogue stratégique » avec la Commission européenne afin d’éviter que la décarbonation du secteur ne se transforme en handicap économique. Ils demandent aussi la création d’un fonds européen dédié au développement du SAF et à la modernisation des infrastructures aéroportuaires.

Un appel relayé par l’IATA

L’Association internationale du transport aérien (IATA) soutient cet appel à la prudence. Son président, Willie Walsh, accuse les grands groupes pétroliers de retarder la transition en maintenant des marges excessives sur les carburants durables. Selon l’IATA, sans un effort massif d’investissement public et privé, le SAF ne dépassera pas 3 % de la consommation mondiale d’ici 2030, bien loin des objectifs de neutralité carbone. Face à la lenteur de la production et à la flambée des coûts, les compagnies européennes demandent donc un assouplissement temporaire des quotas. Leur objectif : préserver la compétitivité du transport aérien tout en poursuivant, à un rythme réaliste, la transition vers une aviation plus propre.

Que retenir rapidement ?

Réunis sous la bannière d’Airlines for Europe (A4E), les dirigeants d’IAG (International Airlines Group), Air France-KLM, Lufthansa Group, Ryanair et easyJ

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