Bilan provisoire en milieu d’année : les défaillances d’entreprises ralentissent sans vraiment rassurer
Bilan provisoire en milieu d’année : les défaillances d’entreprises ralentissent sans vraiment rassurer

Le reflux est timide, mais perceptible. Après une succession de trimestres noirs, les défaillances d’entreprises semblent enfin marquer le pas. Selon une étude d’Altares publiée mardi, 16 586 procédures ont été enregistrées entre avril et juin 2025. Un chiffre toujours élevé, mais en léger recul de 7 % par rapport aux trois premiers mois de l’année. Comparé à la même période en 2024, la hausse est contenue (+1,3 %), laissant entrevoir un possible pic atteint à mi-parcours. À ce stade de l’année, plus de 35 000 sociétés ont déjà franchi la porte des tribunaux de commerce. Pour l’auteur de l’étude, il s’agit d’un signe d’« amélioration » dans un contexte qui reste cependant historiquement tendu.

Des secteurs à risques et des territoires inégaux

La pression ne faiblit pas pour les PME. Les structures comptant entre 6 et 19 salariés continuent de vaciller : 1 773 défaillances ont été recensées au deuxième trimestre, soit 10 % de plus que l’an dernier. Le mouvement se stabilise toutefois sur un an. Celles de cinq salariés ou moins (qui concentrent à elles seules 86 % des défauts) amorcent elles aussi une accalmie. Les entreprises de taille plus significative n’échappent pas au phénomène : 58 d’entre elles, employant chacune plus de 100 personnes, ont chuté sur la période (près d’une par jour ouvré). Certaines filières affichent des signaux d’alerte plus vifs. Les activités récréatives – festivals, spectacles vivants – voient les défauts exploser (+28 % sur un an). L’agriculture n’est pas épargnée, notamment les cultures de céréales et la viticulture, en hausse de 10 %. Le transport de personnes, et en particulier les taxis, subit une véritable hémorragie avec une envolée des défaillances de 57 %. Le secteur du bâtiment et des travaux publics, toujours en première ligne, regroupe à lui seul un quart des procédures, même si la tendance y est plutôt à la baisse (-5 %). Le gros œuvre recule de 7 %, le second œuvre de 3 % et les travaux publics de 14 %.

Les entreprises les plus fragiles n’ont pas résisté

Les disparités régionales restent marquées. La Loire-Atlantique se distingue par une flambée des défauts (+36 %), entraînant la région Pays de la Loire dans son sillage (+12 %). À l’opposé, l’Île-de-France affiche un repli modeste (-2 %), malgré des foyers de tension persistants comme dans l’Essonne (+24 %). En creux, ce ralentissement partiel trouve aussi ses causes dans des mécanismes d’ajustement brutaux. Pour les analystes, la vague de faillites a déjà emporté bon nombre d’entreprises les plus vulnérables. Par ailleurs, le remboursement massif des prêts garantis par l’État (PGE) a provoqué un pic ponctuel de défauts en avril, avant que les tensions ne s’atténuent au fil du printemps. L’été, traditionnellement plus calme sur le front des procédures, devrait prolonger cette accalmie temporaire. Mais la prudence reste de mise. Car si le pire semble derrière, la normalisation annoncée pourrait bien masquer une fragilité structurelle persistante.

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