Malgré l’annonce d’un investissement massif pour la décarbonation de son site nordiste, le groupe sidérurgique confirme son plan social, provoquant la colère des syndicats. Le contraste est saisissant. Tandis qu’ArcelorMittal affiche sa volonté de verdir sa production d’acier avec 1,2 milliard d’euros investis à Dunkerque, le groupe sidérurgique maintient en parallèle un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) prévoyant 636 suppressions de postes en France. Une décision qui suscite la colère des salariés, notamment sur les sites de Dunkerque (295 postes supprimés) et Florange (194 postes).
Un milliard d’euros pour l’acier vert, 636 emplois supprimés
L’entreprise, qui emploie plus de 15 000 personnes dans l’Hexagone, soutient que cette transformation industrielle s’inscrit dans la lignée du plan européen pour l’acier présenté en mars. Ce dernier vise à renforcer la compétitivité du secteur face aux importations extra-européennes. ArcelorMittal réclame d’ailleurs une limitation des importations à 15 % de la demande d’acier en Europe, couplée à un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières jugé essentiel pour « rétablir une concurrence équitable ». Mais ces perspectives de modernisation industrielle n’apaisent en rien les inquiétudes sociales. Le 13 mai dernier, une forte mobilisation a eu lieu lors de la première réunion du CSE à Saint-Denis. Les syndicats dénoncent une stratégie qui sacrifie l’emploi tout en bénéficiant d’un soutien politique et financier, au nom de la transition écologique. ArcelorMittal, avec 62,4 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2024, se retrouve ainsi au cœur d’une équation complexe entre compétitivité, écologie… et responsabilités sociales.